Tract du comité interpro Paris-Est diffusé le 2/12 devant le tribunal de Bobigny (procès Air France)

 

Inculpations des ouvriers d’Air France.
Intimidations, répression policière, tribunaux, état d’urgence : la bourgeoisie, par peur du prolétariat, se donne tous les moyens pour se prémunir d’une réaction d’ensemble des travailleurs.

En faisant donner sa police au petit matin du 12 octobre pour arrêter des militants ouvriers et syndicaux d’Air France, comme des mafieux et en en donnant la plus grande publicité médiatique, le gouvernement espère avoir fait une démonstration de force et décourager toute velléité de résistances aux attaques anti-ouvrières.
Il montre ainsi la peur qu’il a de voir tous les mécontentements, la rage et les frustrations accumulées lui exploser au visage. Si quelqu’un avait encore des doutes sur le fait que ce gouvernement ne fait que défendre les intérêts du capital, il trouvera dans l’attitude de Valls de quoi les effacer.
Tous les gouvernements européens prennent des mesures drastiques pour mener à bien ce qu’ils appellent des « réformes ». Le but est de faire payer au prolétariat la remise en cause de la hiérarchie mondiale des nations bourgeoises du fait de la montée en puissance de nouveaux concurrents (et qui revient à accroître l’exploitation de la classe ouvrière). L’Etat français a étalé les attaques et doit maintenant rattraper son retard…
La classe ouvrière allemande a eu droit au programme Hartz4 du social-démocrate Schröder dès le début des années 2000 ; la classe ouvrière anglaise a subi les attaques de Blair dont Cameron est le digne rejeton, lui qui, encore tout récemment a inscrit des limites au droit de grève ; l’italien Renzi, social-démocrate a imposé le job acts et les conservateurs grecs et espagnols ont imposé des cures d’austérité draconiennes poursuivies aujourd’hui par Syriza en Grèce et demain par Podemos en Espagne. Partout, en plus des mesures économiques, une répression féroce s’abat sur les travailleurs et des lois liberticides restreignent le droit de manifestation, le droit de grève, tous ces éléments conquis de haute lutte par le mouvement ouvrier international et toujours plus rognés et remis en cause.
Alors pourquoi le gouvernement Hollande-Valls ne remet-il pas en cause frontalement les 35 heures et les lois sur le temps de travail, préférant les grignoter à coup d’autorisations de travail du dimanche ou en donnant plus de latitude aux entreprises pour négocier le temps de travail et les salaires (volet flexibilité de la loi ANI) ? Jusqu’à présent, il a louvoyé, en créant des lois-fleuves incompréhensibles (la loi Macron) pour y enclore précieusement des éléments-clés visant à détruire le Code du travail.
C’est que la bourgeoisie est toujours dans la hantise d’une résurgence de la lutte de classes. Comme le disait Sarkozy (interview au Monde en 2009) « les Français ont guillotiné le roi », « au nom d’une mesure symbolique, ils peuvent renverser le pays ». Et si la bourgeoisie a peur de son histoire passée, elle a en plus la haine féroce des révolutions ouvrières qui ont suivi (1848, La Commune…).
Oui, tous ces dirigeants, les patrons et leurs fidèles commis de l’Etat, tous partis confondus ont une trouille bleue de la colère ouvrière. Qu’une bousculade à la sortie d’un CCE occasionne les réactions que l’on a vues en dit long sur le degré d’inquiétude du pouvoir.
Depuis 20 ans, notre classe a accumulé défaite sur défaite, parce qu’elle ne connaît pas assez sa force, ni sa capacité à se mobiliser. Les centrales syndicales et les intersyndicales sont passées maîtresses dans l’art de noyer les luttes, de les fractionner, de les diriger vers des objectifs qui n’ont aucune chance de permettre la généralisation et l’unification des luttes, seul moyen de défendre nos intérêts et de battre en brèche ceux de la bourgeoisie et de son Etat. De manifestations promenades en « journées d’action » bidon, c’est un sentiment de découragement, de résignation qui a frappé la classe ouvrière.
En reprenant confiance dans nos capacités d’organisation, à la base, dans des comités de lutte, des assemblées générales souveraines, et surtout en élargissant les luttes à toutes les catégories d’une même entreprise, aux sous-traitants, aux entreprises du même secteur et des autres secteurs, nous arriverons à une mobilisation capable de faire reculer le pouvoir sur ses intentions de « réforme » et sur la répression, comme celle qui frappe les salariés d’Air France après de nombreux autres exemples : Continental, Goodyear, procès en Gironde en Octobre, 14 militants CGT convoqués au commissariat à Toulon le 6 novembre, aspersion de lacrymogènes sur les infirmier(e)s en manifestation le 22 octobre…
Avec l’état d’urgence, c’est la liberté de manifester, de se réunir qui sont condamnées, c’est la possibilité de perquisitionner n’importe qui n’importe où y compris sur les lieux de travail (branche cargo d’Air France le 18/11).
Organisons-nous contre la répression du mouvement ouvrier, et pour l’arrêt de toutes poursuites et sanctions contre les travailleurs d’Air France et tous ceux poursuivis pour avoir lutté !
Tous ensemble, obtenons la réintégration de tous les travailleurs licenciés pour faits de grève ou de révolte ouvrière !
Face à l’ignominie du patronat, il faut que la colère du monde du travail s’exprime en masse pour couper enfin le mal à la racine : cela ne passera évidemment pas par de simples bouts de papier dans les urnes de la mystification « démocratique » du « suffrage universel » et encore moins avec des fleurs.
Seule une mobilisation massive, interprofessionnelle, inter-boites, avec des manifestations communes, une organisation qui nous soit propre, des réseaux de discussion et de communications entre boites en grèves, comités de luttes, initiatives dans les quartiers nous rendra forts. Pour cela, pour nous organiser, le droit de nous réunir, la liberté de manifester, de nous exprimer est aussi indispensable que l’air qu’on respire ! Si l’on ne veut pas se laisser laminer et réprimer, il faudra en découdre !
Aucun soutien à l’Etat, qui nous entraîne dans ses barbaries guerrières et nous licencie !
Levée de l’état d’urgence !
POUR EN DISCUTER ET ORGANISER LA RIPOSTE : RÉUNION OUVERTE MERCREDI 2 DECEMBRE A 18 HEURES 30
BOURSE DU TRAVAIL, 2, rue du Château d’Eau (10°)- SALLE LOUISE MICHEL
METRO REPUBLIQUE
Comité interprofessionnel Paris-Est, 24 novembre 2015
Contact : nord.est.paris@gmail.com

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