Le mouvement social en France

Des camarades à l’étranger nous ont demandé de commenter ce qui se passait en France actuellement. Au vu de certaines analyses dans divers sites ou publications d’extrême-gauche, le mouvement actuel est souvent sur-évalué et ceci sans doute pour deux raisons : le rôle des médias qui d’une part insistent sur les violences, images à l’appui, donnant ainsi une fausse image de radicalisme, et d’un autre côté manifestant une grande sympathie pour le phénomène « Nuit debout » ; et l’image traditionnelle du prolétariat français, combatif, déterminé, etc. Pourtant, comme nous en donnons ici une première analyse, le mouvement dans son expression générale (ce qui ne veut pas dire qu’il n’y ait pas des poussées de révolte sociale qui pourraient déboucher sur autre chose) reste parfaitement encadré par les forces réformistes et les pompiers sociaux, comme cela s’est passé pour le mouvement contre la réforme des retraites en 2010.

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«  Le mouvement social, engagé depuis le début du mois de mars contre, au premier chef, la « loi Travail » présentée par le gouvernement Valls/Hollande et dont, pour l’heure, il est encore difficile de prévoir l’évolution pourra apporter le meilleur comme le pire. L’objectif de ce texte n’est pas de faire une analyse à chaud des événements, qui se dérouleront selon leur propre logique, mais de réfléchir sur le contexte dans lequel ce mouvement émerge, précisément aujourd’hui, en France, et sur le rapport de forces qu’il serait nécessaire de mettre en place pour en faire un vrai mouvement de rupture avec l’ignoble collaboration de classes qui caractérise la vie sociale et politique dans ce pays depuis bientôt un siècle.

Il est remarquable de voir que, alors que le mouvement avait à peine démarré, les organisations encadrant le mouvement social : UNEF, CGT, FO et SUD n’ont absolument pas attendu pour se porter en tête et prendre une posture avancée vis-à-vis de la contestation. Pour une part cela témoigne de leur crainte de voir les choses échapper à tout contrôle, mais pour une autre part cela montre aussi que le mouvement se satisfaisait encore largement de cet encadrement. Tout comme le gouvernement, les forces de la conciliation sociale sentent, ou pressentent qu’une révolte générale est possible, et probable.

Pour autant que ce mouvement se cherche des références historiques, il n’a à offrir que des « victoires » en trompe l’œil (le CPE) des défaites (retraites 2010) et l’inévitable mai 68. Que, 48 ans après la « victoire » de mai-juin 1968, il faille se mobiliser pour empêcher l’augmentation de la semaine de travail et la baisse des salaires en dit long sur l’impasse du réformisme et sur le fait que, tant que le mode de production capitaliste n’aura pas été aboli, aucune « réforme », même obtenue au prix d’une grève générale massive, ne saurait améliorer de façon durable le sort du prolétariat. »

LIRE LA SUITE ICI : La situation en France

Une réflexion sur “Le mouvement social en France

  1. Reblogged this on Reconstruction communiste Comité Québec and commented:

    Extrait du texte sur le mouvement social en cours :

    « Il n’y a pas de « bon » contrat de travail dans la société capitaliste.

    Encore une fois, le camp réformiste nous fait le coup de la « défense des acquis », en oubliant que le statu quo est la pire des choses. Il ne saurait y avoir de relation de travail juste, « égalitaire » ou équilibrée, dans une société où une minorité détient tous les moyens de production et d’échange et où l’immense majorité ne dispose que de sa force de travail pour survivre. Les modalités pour enterrer la lutte sont rodées depuis longtemps, les syndicats appellent à des journées d’action très espacées (la prochaine est prévue pour le 29 avril 2016), maintiennent en parallèle des actions catégorielles (hôpitaux, transports, …), ne font pas d’appel à l’élargissement des luttes et se cantonnent à leurs bastions traditionnels fortement marqués par la fonction publique.
    Si le mouvement de mars reste sur la défensive, il ne fera, au mieux, que retarder les échéances, face à des mesures que la bourgeoisie sera historiquement contrainte de prendre, de toutes les façons.
    Nous en sommes là aujourd’hui (mi-avril). Le grand chaudron social bout de mille contradictions et frustrations accumulées, de misère sociale profonde, de désarroi face aux évolutions de la société, d’aigreurs des jeunes déclassés qui pensent «valoir mieux que çà », de rage rentrée de ceux que l’on méprise et que les gouvernants prennent éternellement pour des cons…  »

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