Réponse de Robin Goodfellow à Sander (P.I.) à propos de la prévision des cycles et crises de surproduction

A la suite de la publication sur notre blog du texte consacré à la prévision des crises (https://defensedumarxisme.wordpress.com/2016/03/11/cycles-economiques-et-prevision-des-crises-de-surproduction/), et de sa diffusion sur la liste de discussion du « Réseau de discussion international », nous avons reçu ce commentaire de Sander, de Perspective Internationaliste :

« Je suis plutôt déçu par ce texte. C’est un essai de prévoir à quel moment la crise s’accélérera, basé sur un seul facteur : la relation entre taux d’intérêt et taux de profit. C’est intéressant et ça peut être utile si tu as de l’argent à investir, mais même en ce regard, ça me semble douteux de ne tenir compte que de ce seul facteur. En tant que analyse de la crise, c’est trop maigre. »

Il nous faut ici rectifier les erreurs commises par Sander par rapport à notre texte.

Bien que la signification de cette table statistique (table 1-15 du BEA) ne soit pas spécialement facile à interpréter, il n’est pas exact de dire que la série présentée rapporte le taux d’intérêt au taux de profit. Il y a bien sûr une relation avec ces taux, mais les données utilisées rapportent la part de la valeur ajoutée qui est versée sous forme d’intérêt à la part correspondant au profit brut (profit avant impôts).

Ensuite, comme nous l’avons dit explicitement, mais cela n’a pas attiré l’attention de Sander[1], le rapport (i/p, intérêt/profit) est pris comme exemple de ce que nous appelons le cycle des taux et rapports.

Les grandes tendances que nous y mettons en relief se retrouvent dans tous les taux (taux de profit, taux de plus-value) et rapports (capital fixe/profit, intérêt/profit) analysés.

L’introduction du livre sur « la théorie marxiste des crises » qui compile les travaux de Communisme ou Civilisation sur ce sujet, reproduit d’ailleurs le graphique de l’évolution du taux de profit rapporté à la valeur ajoutée brute.

Pour TOUS les taux et rapports, pour TOUS les cycles (depuis 1947, pour les statistiques les plus précises et depuis 1929 avec une moins grande précision – avant nous n’avons pas les données -) on observe le même phénomène : aucune crise n’a eu lieu avant que ce cycle ne passe par un point de retournement. Dans les crises, un point haut (rapports) ou un point bas (taux) est atteint. Dans la partie proche de la crise, on constate une accélération de la tendance.

LIRE LE TEXTE COMPLET : Réponse_Sanderjuin16

[1] A la différence de Sander, Marcel Roelandts se comporte (cela devient une habitude –cf. aux fondements de crises) en faussaire en tronquant les citations. Pour nous attribuer une conception unilatérale des crises, il prétend nous citer : « Pour Henryk Grossman et Paul Mattick, « la crise trouve son origine dans la production insuffisante de plus-value ». Au-delà de ce qui peut les distinguer, il en va globalement de même pour les analyses produites par le groupe Robin Goodfellow : « Les crises du mode de production capitaliste moderne sont des crises de surproduction (la première date de 1825) produites par l’insuffisante valorisation du capital, c’est-à-dire du fait d’une production insuffisante de plus-value… » » (Marcel Roelandts, http://www.contretemps.eu/interventions/crise-qui-vient). Mais le passage complet est le suivant : « Les crises du mode de production capitaliste moderne sont des crises de surproduction (la première date de 1825) produites par l’insuffisante valorisation du capital, c’est-à-dire du fait d’une production insuffisante de plus-value en raison de la baisse brutale du degré d’exploitation de la force de travail ou par les difficultés de l’écoulement de la masse croissante de marchandises et de leur forme du fait du développement grandissant de la force productive du travail et des rapports économiques antagoniques entre les classes ; ces crises affectent la totalité du produit social et prennent un caractère catastrophique, dans le sens où elles dévastent la société (à l’instar d’une catastrophe naturelle, mais ici pour des raisons sociales). ». Nous y faisons donc allusion à ce que nous avons développé longuement sous les étiquettes de surproduction de capital et surproduction de marchandises dans le livre intitulé « Aux fondements des crises », livre qui d’ailleurs se livre à une critique serrée des analyses de Marcel Roelandts et qu’il semble ignorer.

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s