1976-2016, regards sur les quarante ans écoulés

En novembre 1976, nous éditions le premier numéro de la revue « Communisme ou Civilisation » (plus loin CouC). Celui-ci contenait un texte de 22 pages intitulé, précisément, « Communisme ou Civilisation » et 19 pages de « thèses complémentaires au n°6 d’Invariance (1969) »[1].

Le petit noyau qui publia cette revue (et qui, pour l’essentiel constitue encore aujourd’hui notre organe collectif Robin Goodfellow) le fit au sortir d’un passage relativement bref par le Groupe Communiste Mondial, en 1975, qu’il quitta rapidement au vu du caractère mensonger de ce groupe qui prétendait se situer dans la lignée du projet de retour à Marx d’Invariance, et qui ne faisait en réalité, dans la pire ambiance de secte, qu’ânonner des formules et des litanies, dans une caricature d’invariance du marxisme qui n’en était que la totale ossification.

Dès le premier numéro sorti, ce petit noyau prit une teneur internationale, puisque des camarades brésiliens rencontrés à Paris organisèrent, une fois de retour et encore sous la dictature des généraux, un petit cercle d’études du Capital de Marx dont une partie s’agrégea à CouC. Même à l’échelle microscopique qui est encore la nôtre aujourd’hui, le travail de restauration programmatique s’effectuait à une échelle internationale, notamment dans des pays de langue latine (Espagne, Brésil, France, puis Mexique), mais aussi en Allemagne (de l’Ouest à l’époque).

[1] Tous ces textes sont disponibles sur notre site www.robingoodfellow.info, rubrique « Archives ».

LIRE LE TEXTE ENTIER (PDF) : 40-anniversaire

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SALUT DE ROBIN GOODFELLOW AU 12° CONGRES DES METALLURGISTES DE CAMPINAS ET SA REGION (Etat de São Paulo – Brésil)

Ci-dessous la déclaration lue par nos camarades, à l’invitation du syndicat des métallurgistes de Campinas, membre de Intersindical, lors de son douzième congrès (28 et 29 octobre 2016)..


Camarades,

Robin Goodfellow est le pseudonyme collectif  d’un petit groupe de militants de divers pays (France, Brésil, Espagne…) qui se dédient depuis quarante ans à la défense de la théorie et des principes marxistes.  Nous pensons que cette théorie est la seule à fournir non seulement une explication cohérente du monde, des tendances de l’économie capitaliste, mais aussi fournit une orientation pour les luttes pratiques et pour l’émancipation du prolétariat.

Les camarades de RG – qui avaient grâce à l’aide du syndicat édité et diffusé en 2013 le texte « Le marxisme en résumé » (disponible sur notre site http://www.robingoodfellow.info) saluent fraternellement le 12ème congrès du syndicat des métallurgistes de Campinas et région. Dans un contexte marqué par des tensions internationales fortes et une crise qui frappe le Brésil (en attendant le déclenchement d’une formidable crise de surproduction générale, à venir vers 2017 ou 2018, qui touchera le monde entier et frappera très durement les Etats-Unis d’Amérique), le prolétariat a besoin de se doter de structures fortes et combatives, qui n’acceptent aucune concession à l’ordre capitaliste, mais, qui, au contraire, en préparent le renversement définitif, qui est une condition de survie de l’humanité.

L’Europe et la France ont connu, ces derniers mois, des grèves et mouvements de lutte qui, outre le fait que leur ampleur a souvent été exagérée par l’extrême-gauche au Brésil, ont d’une part été battus, d’autre part n’ont pas permis de se dégager de l’influence néfaste des syndicats jaunes. Ainsi, en France où le gouvernement « de gauche » a mené les plus grandes attaques anti-ouvrières de ces dernières décennies, il existe un grand désarroi chez les minorités syndicales de lutte et une très faible mobilisation dans les masses. Ceci est notamment lié au fait que la structure de l’emploi prolétarien est en cours de changement avec de moins en moins de très grandes entreprises, des phénomènes de sous-traitance qui parfois renvoient les travailleurs (comme l’illustre, en Espagne, la belle grève de la Telefonica de 2015) à des statuts d’autonomes ou indépendants, et une précarisation croissante des emplois. Les syndicats historiques continuent à regrouper les catégories les plus « installées » mais sont complètement impuissants à organiser ces grandes masses de prolétaires pour constituer de véritables nouveaux organes de combat. Nous espérons que les échanges d’expérience entre nos frères de classes de différents pays (comme la coordination des travailleurs d’Amazon en Pologne, Allemagne…) et avec Intersindical contribueront à faire émerger une véritable stratégie internationaliste de mobilisation du prolétariat pour son émancipation et la libération définitive des chaînes du salariat.

São Paulo – Paris, 28/10/2016

Pour une politique étrangère du prolétariat

de toute

En 1864, au moment de la création de l’Association internationale des travailleurs lors du meeting de Saint-Martin’s Hall à Londres, Marx et Engels écrivaient ceci en conclusion du « Manifeste inaugural » de l’AIT :

« Si l’émancipation des classes travailleuses requiert leur union et leur concours fraternels, comment pourraient-elles accomplir cette grande mission si une politique étrangère, qui poursuit des desseins criminels, met en jeu les préjugés nationaux et fait couler dans des guerres de piraterie le sang et dilapide le bien du peuple ? Ce n’est pas la prudence des classes gouvernantes de l’Angleterre, mais bien la résistance héroïque de la classe ouvrière à leur criminelle folie qui a épargné à l’Europe occidentale l’infamie d’une croisade pour le maintien et le développement de l’esclavage outre Atlantique. L’approbation sans pudeur, la sympathie dérisoire ou l’indifférence stupide avec lesquelles les classes supérieures d’Europe ont vu la Russie saisir comme une proie les montagnes-forteresses du Caucase et assassiner l’héroïque Pologne, les empiétements immenses et sans entrave de cette puissance barbare dont la tête est à Saint-Pétersbourg et dont on retrouve la main dans tous les cabinets d’Europe, ont appris aux travailleurs qu’il leur fallait se mettre au courant des mystères de la politique internationale, surveiller la conduite diplomatique de leurs gouvernements respectifs, la combattre au besoin par tous les moyens en leur pouvoir, et enfin lorsqu’ils seraient impuissants à rien empêcher, s’entendre pour une protestation commune et revendiquer les simples lois de la morale et de la justice qui devraient gouverner les rapports entre individus, comme lois suprêmes dans le commerce des nations.

Combattre pour une politique étrangère de cette nature, c’est prendre part à la lutte générale pour l’affranchissement des travailleurs. » (nous soulignons)

Dans le contexte qui est, depuis près de 90 ans, celui d’une contre-révolution la plus longue de l’histoire, toutes les forces du prolétariat ont disparu en tant qu’expression autonome, il ne dispose plus ni de parti ni de tribune, ni de forces capables de faire valoir « sa » politique étrangère contre sa propre classe dominante, dans chaque pays, et contre tous les impérialismes, à l’échelle mondiale.

Dans ces conditions, face aux évènements tragiques qui frappent régulièrement sous la forme des attentats perpétrés par les groupes et états islamistes (mais dont curieusement le poids émotionnel varie selon la géographie ou la qualité des victimes : qui a fait une minute de silence pour les 300 morts dans l’attentat du 3 juillet à Bagdad ? pour les 50 morts homosexuels d’Orlando ?), il est en grande partie vain, comme le fait régulièrement le minuscule camp révolutionnaire resté fidèle à l’internationalisme prolétarien, d’exhorter à la révolution mondiale à l’aide de formules du type « Seul le prolétariat et la lutte de classes parviendront à faire cesser, etc. ». Lors de la prochaine révolution internationale, le prolétariat aura à affronter dans une guerre civile sans merci TOUS ses ennemis, à commencer par le plus important d’entre eux, son propre Etat, mais aussi toutes les bandes mercenaires qui pourront être appelées à la rescousse, et dont la haine du communisme et de la libération sociale qu’il représente pour tous, et notamment les femmes, est un moteur suffisant.

En revanche, on peut rappeler un certain nombre de positions qui devraient faire partie de la « politique étrangère du prolétariat », même si nous sommes à l’heure actuelle « impuissants à rien empêcher », revendications que demain un parti ouvrier international devrait porter haut et fort et imposer si besoin par la force.

  • Abolition de l’armée permanente, armement du prolétariat, service militaire obligatoire mixte après 18 ans
  • Arrêt des interventions impérialistes et des livraisons d’armes qui les accompagnent
  • Refus de tout soutien à et de toute solidarité envers l’État bourgeois
  • Démantèlement de toutes les armées privées et sociétés mercenaires avec confiscation de leur matériel et de leur capital social
  • Dénonciation de tous les traités secrets et publication de tous les documents liés à la diplomatie

Il convient évidemment de distinguer ici les mesures qui ne pourront être pleinement prises qu’une fois le prolétariat arrivé au pouvoir, de celles qui peuvent constituer des revendications et nécessiter une pression de la part du prolétariat –  lorsqu’il peut l’exercer. Tout ceci supposera, au-delà des points énumérés, qu’une révolution internationale redéfinisse de fond en comble les relations politiques et économiques entre les nations.

Mais en tous les cas, même du fonds de l’impuissance du camp prolétarien, rien n’est pire que l’indifférentisme, et le fait de renouer le fil ténu qui a toujours permis au prolétariat de faire entendre sa voix inter-nationale dans le concert des nations, est le minimum que nous puissions faire aujourd’hui.

Telefonica – Un bilan de la grève

Présentation

Nous publions ici la traduction en français d’une tribune publiée sur le site espagnol : https://www.diagonalperiodico.net/la-plaza/27290-la-huelga-se-demuestra-parando.html le 16 juillet dernier. Les auteurs reviennent sur la dynamique qui a permis la mobilisation et rendent compte de la difficulté à unifier différentes couches prolétaires que l’évolution même de la grande entreprise capitaliste a séparé en de multiples entités. Si les syndicats « officiels » ne font rien pour dépasser cette situation, il ne faut pas attendre mieux des petits syndicats dits « alternatifs » qui ont cherché, de leur côté, à profiter de la grève pour renforcer leur position. Le chemin de l’unité de la classe prolétarienne est difficile, surtout dans une situation historique où le combat avait été totalement déserté par les organisations syndicales et où la bourgeoisie multiplie les attaques, y compris la répression contre les travailleurs.

Dans un communiqué publié le 7 septembre (http://teleafonica.blogspot.fr/2015/09/reunion-de-comites-de-empresa-de.html) à la suite d’une réunion des comités à Barcelone, la coordination écrit :

« Nous avons également commenté la nécessité, pour la « marée bleue » (1) de se constituer en syndicat, avec les mêmes attributions qu’une organisation syndicale, mais nous voyons que c’est un processus encore débutant et de plus nous ne souhaitons pas que ceci soit interprété comme une volonté de compétition dans l’espace syndical avec d’autres organisations syndicales ; il s’agit de jouer un rôle catalyseur et de rassemblement des différents sigles et courants syndicaux partisans de la mobilisation pour changer les choses de manière substantielle. Ainsi, pour le moment, nous ne forcerons pas le pas pendant le mois qui vient. »

Selon notre vieux mot d’ordre, « L’émancipation de la classe ouvrière sera l’œuvre de la classe ouvrière elle-même » et il est très important que des travailleurs qui ont mené une grève longue et dure en affrontant aussi bien les syndicats aux ordres (ici l’UGT et les CC.OO), le patronat que l’Etat et sa répression anti-syndicale (une récente étude de la Confédération Syndicale Internationale a pointé l’Espagne comme un des pays du monde où les droits syndicaux ont le plus reculé ces dernières années), prennent en charge le besoin d’organisation durable pour construire un rapport de forces qui débouche sur une défense ferme des intérêts du prolétariat.

Mais ceci ne pourra pas se faire en se limitant à une seule branche de production (les télécommunications), même si elle représente un secteur développé du prolétariat. D’une part parce que l’évolution de la branche a renvoyé une partie des prolétaires vers un statut de « travailleurs indépendants », d’autre part parce que tout enfermement dans une corporation donnée est mortifère, et ensuite parce que les enseignements de la lutte des travailleurs de Telefonica sont transposables à d’autres secteurs qui pratique la cascade de sous-traitance comme le transport, le bâtiment… Les ex-grévistes de Telefonica auraient tout intérêt à ouvrir leurs comités de lutte à d’autres secteurs et à commencer à fédérer les réactions des prolétaires à l’accroissement considérable de l’exploitation dont ils font l’objet.

De ce point de vue, l’expérience brésilienne du mouvement « Intersindical« , qui développe depuis des années, de manière systématique, opiniâtre, décidée, un mouvement syndical défendant les intérêts de classe en dehors de tout compromis avec le patronat et l’État, et en luttant contre les syndicats jaunes vendus au pouvoir (CUT, Força sindical…) est un exemple à faire connaître aux ouvriers d’Europe.

Si certains phénomènes révélés par la grève des sous-traitants de Telefonica s’avéraient significatifs de l’évolution du mode de production capitaliste dans les pays aujourd’hui els plus développés, ils mériteraient une attention toute particulière.

Telefonica employait en Espagne plus de 80 000 salariés dans les années 90. Il avait alors le monopole des télécommunications. Aujourd’hui il emploie moins de 30 000 salariés. Dans le même temps, l’entreprise s’est implantée dans une vingtaine de pays et emploie à l’échelle mondiale plus de 120 000 salariés. L’entreprise devenue multinationale n’a cessé d’accumuler le capital et d’accroître le nombre des salariés qui dépendent d’elle directement. Cela témoigne d’un processus de concentration et de centralisation du capital. Le développement de Telefonica à l’échelle mondiale s’est notamment fait par le rachat d’entreprises en s’appuyant notamment sur les profits de monopole qu’il a su relativement bien maintenir – même s’ils s’érodent continuellement – appuyant ainsi sa réorientation stratégique.

Ce type de stratégie, Telefonica n’est pas le seul à l’avoir suivi ; France Telecom dont le chiffre d’affaires mondial est plus petit que celui de Telefonica a suivi un chemin similaire.

Donc, si à l’échelle mondiale, concentration et centralisation du capital continuent leur progression, il n’en va pas même en Espagne où les effectifs ont diminué drastiquement. Outre l’arrivée de nouveaux concurrents (notamment dans la téléphonie mobile et l’Internet) qui érodent les parts de marché de Telefonica et les restes de son monopole, les gains de productivité qui diminuent le temps de travail nécessaire pour nombre d’activités et qui sont autant de facteurs qui limitent le nombre d’emplois directs ou indirects dépendant du chiffre d’affaires de Telefonica, l’entreprise a eu recours à la sous-traitance des activités liées à l’installation et au branchement des clients.

Cette sous-traitance, compte tenu des prix de premier niveau (les prix accordés par Telefonica aux entreprises de premier rang avec qui elle contracte) supposerait des entreprise sous-traitantes extrêmement productives (ou des entreprises délocalisées dans des pays où le niveau général de la productivité du travail est plus bas et avec elle la valeur des marchandises telle qu’elle s’exprime sur le marché mondial[1]) pour espérer obtenir un profit en rapport avec le profit moyen obtenu par les divers capitaux. Comme ce haut niveau de productivité n’est pas réellement atteignable, il s’agit d’activités de services matériels (chaque client local est à la fois un cas général et un cas particulier) avec une très grande part de main d’œuvre, l’organisation de la sous-traitance, sous le regard bienveillant de Telefonica et de l’Etat, a évolué vers une pyramide de sous-traitance avec schématiquement trois niveaux. Les sous-traitants contractants au premier rang, des entreprises sous-traitantes de deuxième rang, contractant des précédents. Ces sous-traitants sont encore des entreprises exploitant des salariés ; les premières étant généralement d’une taille supérieure aux autres. Enfin, avec le troisième niveau de sous-traitance on trouve une kyrielle de très petites entreprises composées de travailleurs indépendants qui n’emploient que très peu ou pas de salariés permanents.

Avec le développement significatif de ces petites entreprises composées d’un travailleur indépendant ou sans salariés permanents, nous constatons un processus inverse à celui observé à l’échelle mondiale.

Le développement des petites (moyennes) entreprises et a fortiori si elle s’accompagne de la dissolution du salariat sont une des modalités par lesquelles passe le déclin relatif des pays capitalistes aujourd’hui les plus développés. En règle générale[2], plus l’entreprise est petite, plus la valeur ajoutée par salarié est faible. Depuis longtemps la classe politique s’enthousiasme pour la petite et moyenne entreprise qui serait désormais la seule à créer des emplois. Quant au travail indépendant, il a l’énorme avantage d’échapper aux contraintes que posent encore les lois sur les salariés. Ici, la durée du travail n’a pas de limites, les conditions de travail et la sécurité peuvent être quelconques, le revenu peut baisser sans retenue.

Il se reforme donc une classe hybride qui n’est plus prolétaire au sens strict du terme (elle n’est plus salariée par le capital) mais dont l’histoire comme la sujétion en général à un seul donneur d’ordre conduisent à des conditions d’existence inférieures à celle du prolétariat à l’instar de ce que vivent depuis toujours certaines couches de la paysannerie. Mais tandis que la paysannerie recule avec l’avancée du mode de production capitaliste, la cohorte des petites entreprises s’accroît, tandis que les différences sociales se creusent.

De ce point de vue, les grèves des sous-traitants posent bien des questions quant à l’évolution du capitalisme moderne et à la démarche pour rallier sur des objectifs strictement prolétariens ces nouvelles classes moyennes qui relèvent pour une part d’un semi prolétariat et pour une autre part de classes mieux connues (le petit patronat, la classe moyenne ancienne).

Dans la critique du programme de Gotha Marx écrivait :

« Dans le Manifeste communiste, il est dit : « De toutes les classes qui, à l’heure présente, s’opposent à la bourgeoisie, le prolétariat seul est une classe vraiment révolutionnaire. Les autres classes périclitent et périssent avec la grande industrie; le prolétariat, au contraire, en est le produit le plus authentique.»

La bourgeoisie est ici considérée comme une classe révolutionnaire, – en tant qu’elle est l’agent de la grande industrie, – vis-à-vis des féodaux et des classes moyennes résolus à maintenir toutes les positions sociales qui sont le produit de modes de production périmés. Féodaux et classes moyennes ne forment donc pas avec la bourgeoisie une même masse réactionnaire.

D’autre part, le prolétariat est révolutionnaire vis-à-vis de la bourgeoisie parce que, issu lui-même e la grande industrie, il tend à dépouiller la production de son caractère capitaliste que la bourgeoisie cherche à perpétuer. Mais le Manifeste ajoute que «les classes moyennes… sont révolutionnaires… en considération de leur passage imminent au prolétariat ».

De ce point de vue, c’est donc une absurdité de plus que de faire des classes moyennes, conjointement avec la bourgeoisie, et, par-dessus le marché, des féodaux « une même masse réactionnaire » en face de la classe ouvrière.

Lors des dernières élections, a-t-on crié aux artisans, aux petits industriels, etc., et aux paysans : « Vis-à-vis de nous, vous ne formez, avec les bourgeois et les féodaux, qu’une seule masse réactionnaire » ? (Marx, critique du programme du Gotha)

La question ne semble pas avoir perdu de son actualité.

[1] Et, comme nous allons le voir, ce sont les conditions de travail, de revenu et de durée du travail propres à ces pays qui vont du coup s’imposer dans les pays de vieux capitalisme.

[2] La réalité est beaucoup plus complexe et il en faut pas sacrifier au mythe de la PME tant rabâché par une certains littérature économique. Tout d’abord elles exploitent le salariat, d’autant plus férocement qu’elles doivent compenser les désavantages propres à leur faiblesse organisationnelle. En même temps, dans certains secteurs, on peut être leader mondial et être une entreprise moyenne ou petite par le nombre de salariés. L’expertise dans certains domaines est également un facteur de différenciation qui peut permettre d’esquiver la question de la taille et de la force du travail associé. Enfin, la petite entreprise a également une fonction de pionnier pour faire émerger l’innovation et le progrès technique.

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TEXTE :

La grève se prouve en arrêtant la production.

par Javier Marco López, Francesc Queralt

respectivement, travailleur chez un sous-traitant et membre du comité de grève, et travailleur et syndicaliste chez Telefónica.

Comment lutter contre l’exploitation au 21° siècle, au sein de la plus grande multinationale du pays (Telefonica-Movistar en Espagne, NDT), qui esquive toutes les lois ou les modèle à sa mesure ? Par l’unité de classe. Cette union, les techniciens des sous-traitants, sous-sous traitants et travailleurs indépendants pour Movistar l’ont réalisée par la grève. Les multinationales détruisent le personnel fixe pour leur substituer une main d’œuvre bon marché, sans droits ni représentation syndicale. Mais leur stratégie pour empêcher la lutte commune dans ce secteur n’a pas fonctionné. La spirale de la précarisation leur a explosé entre les mains sous la forme de la « révolution des échelles » (2).

Le 17 mars (2015 NDT) à Madrid, un groupe de techniciens ont convoqué, par WhatsApp, une assemblée ouverte de travailleurs sous-traitants ou indépendants de Movistar, pour se mobiliser et freiner la négociation à la baisse du contrat entre Movistar et ses sous-traitants, qui allait provoquer une baisse de revenus des indépendants et sous-traitants de 25%. Lors de l’assemblée, qui réunit presque 600 personnes, il fut décidé de convoquer une grève illimitée à Madrid contre Movistar, qui fut suivie dès le départ à 90%. La grève mobilisa différents collectifs connaissant des conditions des travail différentes, mais avec un même objectif : que Movistar et ses entreprises cessent de traiter leurs travailleurs comme des esclaves.

L’information sur Madrid se diffusa rapidement sur les réseaux sociaux. Le travail syndical réalisé auparavant et l’adéquation des objectifs de la grève avec ceux de tous les collectifs impliqués rendit possible l’extension du conflit à l’échelle nationale. Il s’établit une coordination formée par des membres de chaque province du personne des sous-traitants, sous-sous traitants et indépendants.

Malgré le rythme vertigineux de la grève – qui a rendu difficile la coordination et la prise de décisions tactiques -, de l’absence d’une caisse de résistance préalable, de la fermeture de quelques-unes des organisations appelant à la grève – qui, dans la pratique paraissaient en compétition entre elles pour recueillir les fruits de la grève – celle-ci a pris de manière solide pendant 85 jours à Madrid et 75 dans le reste du pays, en créant des assemblées qui peuvent être le germe d’une nouvelle organisation permanente.

Cette Marée bleue (2), toujours active, demande à ne pas travailler plus de 40 heures par semaine, deux jours de repos par semaine et des salaires qui ne soient pas basés sur la production et qui permettent de satisfaire les besoins vitaux – il y a aujourd’hui des techniciens qui gagnent 600 ou 800 Euros). On demande aussi que les camarades qui ont été licenciés pour être convertis en faux indépendants ou pour travailler chez les sous-sous-traitants soient réincorporés dans le personnel des dix entreprises principales (3).

Ce mouvement a été un peu « quinzemaïesque » (4) par sa spontanéité initiale, l’adoption de formes agiles de communication.

Ces conditions sont celles d’une bonne partie du monde du travail. Dans un tel contexte, comment pourrait se déclencher une grève générale ? Si le mouvement se démontre en marchant, la grève se démontre en arrêtant et affectant la production. Par conséquent, il est nécessaire que la classe travailleuse active l’appuie et que l’inactive (chômeurs, étudiants et retraités) participe aux actions de protestations et de boycotts publics proposés. La deuxième partie apparaît plus accessible, mais elle ne peut exister de manière indépendante. Sans une forte participation des travailleurs et travailleuses à la grève, la grève sociale (5) perd une grande part de son souffle et de sa légitimité face à d’éventuelles répressions. Elle apparaît aussi comme un passe-temps pour révolutionnaires professionnels.

Ceci implique que peut-être il conviendrait de reconnaître que le travail de base du syndicalisme alternatif n’est pas suffisamment développé. Ou qu’il n’avance pas dans la direction adéquate, vers la configuration d’une force mobilisatrice indépendante des syndicats officiels, ceux que l’on ne peut pas considérer comme acteurs du changement social, sans omettre pour autant que toute stratégie mobilisatrice doit impliquer leurs bases.

Les syndicats dits alternatifs ont échoué dans la création d’une alternative mobilisatrice. Et certainement pas tant en raison de facteurs externes – presse et lois hostiles, répression, etc.- qu’en fonction de leurs propres erreurs : reproduction du clientélisme, sectarisme, accommodements, installation dans le « non » systématique probablement par incapacité – ou paresse – à réaliser le travail nécessaire pour construire une nouvelle organisation, confusion des moyens et des fins – élections syndicales comme repères…-. Il existe heureusement d’honorables exceptions, et toujours plus nombreuses, mais insuffisantes pour déclencher une vague de grande ampleur.

Analyser la grève des techniciens en la resituant dans ce contexte général peut être un bon exercice de débat qui contribue à dépasser les difficultés ou les limites à la mobilisation que nous avons actuellement. « Notre » grève a eue un développement distinct des dynamiques habituelles de mobilisation. Le principal élément différenciateur fut le caractère assembléiste de ce mouvement syndical, sans forme et volontairement dépouillé de sigles et drapeaux. Les syndicats appelant aux mobilisations l’ont fait sur instruction des assemblées, et les tentatives d’appropriation ont été fortement dénoncées.

Cela a été un mouvement un peu « quinzemaïesque » (4) de par sa spontanéité initiale, l’adoption de formes agiles de communication, le caractère massif de la participation à la lutte… Mais l’étincelle initiale a rencontré un terrain favorable, avec un large travail syndical de fond, mené sur des positions qui n’avaient rien d’auto-propagandiste ni de clientéliste. Sans ce travail préalable, une grève nationale qui englobe autant d’entreprises et des groupes aussi différents quant à leurs conditions de travail et de salaire, aurait pu difficilement se matérialiser. Le discours et le travail pour unifier les conditions, la demande « à travail égal, salaire égal », firent que la revendication initiale concernant le contrat commercial entre Telefonica et les sous-traitants, est devenu anecdotique par rapport à la totalité du mouvement. Ce qui a été revendiqué c’était la réintégration au personnel des sous-traitants, avec en ligne de mira une future lutte nécessaire pour obtenir la fin de la sous-traitance et le passage au personnel fixe de Telefonica, la maison-mère.

Dans cette grève, on a retrouvé des éléments semblables aux dynamiques habituelles de mobilisation, chez les organisations alternatives – les mêmes qui convoquaient la grève générale illimitée chez les sous-contractants à la demande du précariat sur le pied de guerre – à l’intérieur de Télefonica, comme entreprise-mère.

L’absence d’un travail préalable constant, la tentative de capter les luttes seulement au moment où elles se déclenchent, l’absence de discours cohérent envers le personnel de Telefonica a fait que ce dernier a été incapable de voir l’opportunité historique d’unifier les objectifs ; de voir la relation directe qu’il y a entre les personnels qui travaillent pour le même patron, et de récupérer le pouvoir de la grève d’affecter la production.

Par chance, la grève des sous-traitants a fait tomber les barrières et nous place en meilleure situation pour continuer la lutte.
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(1) De la couleur des chemisettes de travail des sous-traitants de Movistar. Depuis le mouvement des « indignés » en 2011, le mouvement social s’est structuré en « marées » de couleur (blanc pour la santé, vert pour l’enseignement…) arborées lors de grandes manifestations, mais ceci contribue aussi à fragmenter par grands thèmes un mouvement dont l’ennemi est toujours le même : le capital et son Etat (NDT)

(2) « Revolucion de las escaleras » est la dénomination sous laquelle les installateurs de lignes téléphoniques, qui se déplacent toujours avec une échelle en bois ont désigné leur mouvement (NDT)

(3) Telefonica-Movistar a organisé une pyramide avec dix sous-traitants principaux qui eux-mêmes sous-traitent à une myriade de petites entreprises et à des milliers de travailleurs « indépendants » du type « auto-entrepreneurs » (NDT)

(4) Nous traduisons ainsi le néologisme « quincemero » qui figure dans le texte et qui fait référence au « 15-M », le mouvement populaire dit des « indignés » qui envahit toutes les places d’Espagne à partir du 15 mai 2011.

(5) Les grévistes du mouvement de 2015 parlaient de « grève sociale » pour désigner l’élan de solidarité et la mobilisation autour de leur mouvement, un peu comme on parlait de « grève par procuration » en 1995 en France.

Manifeste de Zimmerwald (5-8 septembre 1915)

Prolétaires d’Europe !

Voici plus d’un an que dure la guerre ! Des millions de cadavres couvrent les champs de bataille. Des millions d’hommes seront, pour le reste de leurs jours, mutilés. L’Europe est devenue un gigantesque abattoir d’hommes. Toute la civilisation créée par le travail de plusieurs générations est vouée à l’anéantissement. La barbarie la plus sauvage triomphe aujourd’hui de tout ce qui, jusqu’à présent, faisait l’orgueil de l’humanité.

Quels que soient les responsables immédiats du déchaînement de cette guerre, une chose est certaine : la guerre qui a provoqué tout ce chaos est le produit de l’impérialisme. Elle est issue de la volonté des classes capitalistes de chaque nation de vivre de l’exploitation du travail humain et des richesses naturelles de l’univers. De telle sorte que les nations économiquement arriérées ou politiquement faibles tombent sous le joug des grandes puissances, lesquelles essaient, dans cette guerre, de remanier la carte du monde par le fer et par le sang, selon leurs intérêts.

C’est ainsi que des peuples et des pays entiers comme la Belgique, la Pologne, les Etats balkaniques, l’Arménie, courent le risque d’être annexés, en totalité ou en partie, par le simple jeu des compensations.

Les mobiles de la guerre apparaissent dans toute leur nudité au fur et à mesure que les événements se développent. Morceau par morceau, tombe le voile par lequel a été cachée à la conscience des peuples la signification de cette catastrophe mondiale.

Les capitalistes de tous les pays, qui frappent dans le sang des peuples la monnaie rouge des profits de guerre, affirment que la guerre servira à la défense de la patrie, de la démocratie, à la libération des peuples opprimés. Ils mentent. La vérité est qu’en fait, ils ensevelissent, sous les foyers détruits, la liberté de leurs propres peuples en même temps que l’indépendance des autres nations. De nouvelles chaînes, de nouvelles charges, voilà ce qui résultera de cette guerre, et c’est le prolétariat de tous les pays, vainqueurs et vaincus, qui devra les porter.

Accroissement du bien‑être, disait‑on, lors du déchaînement de la guerre.

Misère et privations, chômage et renchérissement de la vie, maladies, épidémies, tels en sont les vrais résultats. Pour des dizaines d’années, les dépenses de la guerre absorberont le meilleur des forces des peuples, compromettront la conquête des améliorations sociales et empêcheront tout progrès.

Faillite de la civilisation, dépression économique, réaction politique, voilà les bienfaits de cette terrible lutte des peuples.

La guerre révèle ainsi le caractère véritable du capitalisme moderne qui est incompatible, non seulement avec les intérêts des classes ouvrières et les exigences de l’évolution historique, mais aussi avec les conditions élémentaires d’existence de la communauté humaine.

Les institutions du régime capitaliste qui disposaient du sort des peuples : les gouvernements ‑ monarchiques ou républicains, ‑ la diplomatie secrète, les puissantes organisations patronales, les partis bourgeois, la presse capitaliste, l’Eglise : sur elles toutes pèse la responsabilité de cette guerre surgie d’un ordre social qui les nourrit, qu’elles défendent et qui ne sert que leurs intérêts.

Ouvriers !

Vous, hier, exploités, dépossédés, méprisés, on vous a appelés frères et camarades quand il s’est agi de vous envoyer au massacre et à la mort. Et aujourd’hui que le militarisme vous a mutilés, déchirés, humiliés, écrasés, les classes dominantes réclament de vous l’abdication de vos intérêts, de votre idéal, en un mot une soumission d’esclaves à la paix sociale. On vous enlève la possibilité d’exprimer vos opinions, vos sentiments, vos souffrances. On vous interdit de formuler vos revendications et de les défendre. La presse jugulée, les libertés et les droits politiques foulés aux pieds : c’est le règne de la dictature militariste au poing de fer.

Nous ne pouvons plus ni ne devons rester inactifs devant cette situation qui menace l’avenir de l’Europe et de l’humanité.

Pendant de longues années, le prolétariat socialiste a mené la lutte contre le militarisme; avec une appréhension croissante, ses représentants se préoccupaient dans leurs congrès nationaux et internationaux des dangers de guerre que l’impérialisme faisait surgir, de plus en plus menaçants. A Stuttgart, à Copenhague, à Bâle, les congrès socialistes internationaux ont tracé la voie que doit suivre le prolétariat.

Mais, partis socialistes et organisations ouvrières de certains pays, tout en ayant contribué à l’élaboration de ces décisions, ont méconnu, dès le commencement de la guerre, les obligations qu’elles leur imposaient. Leurs représentants ont entraîné les travailleurs à abandonner la lutte de classe, seul moyen efficace de l’émancipation prolétarienne. Ils ont accordé aux classes dirigeantes les crédits de guerre; ils se sont mis au service des gouvernements pour des besognes diverses; ils ont essayé, par leur presse et par des émissaires, de gagner les neutres à la politique gouvernementale de leurs pays respectifs; ils ont fourni aux gouvernements des ministres socialistes comme otages de l’« Union sacrée ». Par cela même ils ont accepté, devant la classe ouvrière, de partager avec les classes dirigeantes les responsabilités actuelles et futures de cette guerre, de ses buts et de ses méthodes. Et de même que chaque parti, séparément, manquait à sa tâche, le représentant le plus haut des organisations socialistes de tous les pays, le Bureau socialiste international manquait à la sienne.

C’est à cause de ces faits que la classe ouvrière, qui n’avait pas cédé à l’affolement général ou qui avait su, depuis, s’en libérer, n’a pas encore trouvé, dans la seconde année du carnage des peuples, les moyens d’entreprendre, dans tous les pays, une lutte active et simultanée pour la paix dans cette situation intolérable, nous, représentants de partis socialistes, de syndicats, ou de minorités de ces organisations, Allemands, Français, Italiens, Russes, Polonais, Lettons, Roumains, Bulgares, Suédois, Norvégiens, Hollandais et Suisses, nous qui ne nous plaçons pas sur le terrain de la solidarité nationale avec nos exploiteurs mais qui sommes restés fidèles à la solidarité internationale du prolétariat et à la lutte de classe, nous nous sommes réunis pour renouer les liens brisés des relations internationales, pour appeler la classe ouvrière à reprendre conscience d’elle‑même et l’entraîner dans la lutte pour la paix.

Cette lutte est la lutte pour la liberté, pour la fraternité des peuples, pour le socialisme.. Il faut entreprendre cette lutte pour la paix, pour la paix sans annexions ni indemnités de guerre. Mais une telle paix n’est possible qu’à condition de condamner toute pensée de violation des droits et des libertés des peuples. Elle ne doit conduire ni à l’occupation de pays entiers, ni à des annexions partielles. Pas d’annexions, ni avouées ni masquées, pas plus qu’un assujettissement économique qui, en raison de la perte de l’autonomie politique qu’il entraîne, devient encore plus intolérable. Le droit des peuples de disposer d’eux‑mêmes doit être le fondement inébranlable dans l’ordre des rapports de nation à nation.

Prolétaires !

Depuis que la guerre est déchaînée, vous avez mis toutes vos forces, tout votre courage, toute votre endurance au service des classes possédantes, pour vous entretuer les uns les autres. Aujourd’hui, il faut, restant sur le terrain de la lutte de classe irréductible, agir pour votre propre cause, pour le but sacré du socialisme, pour l’émancipation des peuples opprimés et des classes asservies.

C’est le devoir et la tâche des socialistes des pays belligérants d’entreprendre cette lutte avec toute leur énergie. C’est le devoir et la tâche des socialistes des pays neutres d’aider leurs frères, par tous les moyens, dans cette lutte contre la barbarie sanguinaire.

Jamais, dans l’histoire du monde, il n’y eut tâche plus urgente, plus élevée, plus noble; son accomplissement doit être notre œuvre commune. Aucun sacrifice n’est trop grand, aucun fardeau trop lourd pour atteindre ce but : le rétablissement de la paix entre les peuples.

Ouvriers et ouvrières, mères et pères, veuves et orphelins, blessés et mutilés, à vous tous qui souffrez de la guerre et par la guerre, nous vous crions : Par‑dessus les frontières par‑dessus les champs de bataille, par‑dessus les campagnes et les villes dévastées :

Prolétaires de tous les pays, unissez‑vous !

Zimmerwald (Suisse), septembre 1915.

Pour la délégation allemande : Georg Ledebour, Adolf Hoffmann.

Pour la délégation française : A. Bourderon, A . Merrheim.

Pour la délégation italienne : G. E. Modigliani, Constantino Lazzari.

Pour la délégation russe : N. Lénine, Paul Axelrod, M. Bobrov.

Pour la délégation polonaise : St. Lapinski, A . Varski, Cz. Hanecki.

Pour la Fédération socialiste interbalkanique :

Au nom de la délégation roumaine : C. Racovski;

Au nom de la délégation bulgare : Vassil Kolarov.

Pour la délégation suédoise et norvégienne : Z . Hőglund, Ture Nerman.

Pour la délégation hollandaise : H. Roland Holst.

Pour la délégation suisse : Robert Grimm, Charles Naine.

Texte complet sur : https://www.marxists.org/francais/inter_com/1915/zimmerwald.htm

Internationalistes, toujours et partout !

Internationalistes, toujours et partout !

Contre l’état bourgeois, toujours et partout !

 La situation créée en France par les attentats débutés le 7 janvier 2015 avec la tuerie de Charlie-Hebdo devrait susciter une réponse unie de la part de tous les groupes et individus se réclamant de la gauche communiste et internationaliste. Encore faut-il avoir une analyse claire des événements, et de leur contexte sous-jacent ce qui est loin d’être simple.

Le camp prolétarien doit en effet déjouer plusieurs pièges très dangereux que pourraient créer des prises de position énoncées à mauvais escient.

Voir notre prise de position (Pdf) :  Internationalistes_janv2015