Le cycle des crises, changement de base

Les données publiées fin décembre 2016 par le BEA, reposent sur un changement de base qui  modifie l’ensemble des données depuis 1947. Les analyses n’en sont pas pour autant modifiées, car les tendances restent identiques. Les signaux contradictoires perçus lors de la dernière mise à jour sont effacés avec la nouvelle mise à jour.

La vague d’accélération synthétique, la dernière phase du cycle avant la crise de surproduction, définie selon la méthodologie déjà exposée dans les textes précédents, est entrée dans son quatrième trimestre. La perspective d’une crise de surproduction pour 2017-2018 demeure inchangée. Cette analyse est en parfaite opposition avec l’analyse officielle[1] de la banque centrale américaine, la FED, qui augure de perspectives favorables pour l’économie américaine et a, en conséquence, relevé les taux d’intérêts directeurs.

L’indice SP500 est toujours au plus haut. La Bourse qui soutenait Hillary Clinton s’est parfaitement accommodée de la victoire de Trump et a trouvé dans celle-ci de nouvelles voies de spéculation. La moyenne de l’indice boursier du mois de décembre est la plus élevée jamais enregistrée et un nouveau record historique a été battu le 13 décembre 2016 (2277,53).

Nous profiterons de ce nouveau commentaire pour introduire un début d’analyse du cycle de la rente foncière urbaine.

(…)

Les signaux contradictoires perçus en novembre 2016 ont disparu. La vague d’accélération se poursuit et nous maintenons la prévision d’une crise de surproduction pour 2017-2018 avec une plus forte probabilité sur 2017.

[1] Cependant, on ne peut pas exclure que cette hausse soit aussi, du moins pour une part, liée à la polémique ouverte par la critique de Trump envers la politique de la Fed, accusée de mener une politique favorable à l’élection de Clinton en maintenant des taux d’intérêt bas. Peut-être qu’une partie de la bourgeoisie spécule sur un échec de Trump qu’une nouvelle crise viendrait précipiter.

POUR LIRE LE TEXTE COMPLET : crise_usa_5_changement_base

A propos de Cuba

Au début du 20° siècle, la révolution d’Octobre en Russie a ouvert le cours d’une authentique révolution prolétarienne. Elle a, par la suite, au cours des années 1920, involué en révolution bourgeoise et le rôle historique de la contre-révolution stalinienne et de la bureaucratie a été de forcer l’accumulation du capital dans cette aire. Ce faisant, celle-ci était à la fois un appendice de la bourgeoisie mondiale et le préparateur de l’avènement d’une bourgeoisie nationale.
Là où la bourgeoisie, comme classe, ne pouvait plus assumer directement un rôle révolutionnaire, du fait de sa trop grande compromission avec les classes de l’ancien régime (ou des bourgeoisies étrangères pour ce qui est des révolutions anti coloniales ou anti impérialiste), du fait de sa faiblesse numérique et avec elle de celle d’une petite bourgeoisie urbaine et par peur de la classe prolétarienne, d’autres classes s’en sont chargé. Ces révolutions sont dites bourgeoises au sens où elles ne sortent pas du lit capitaliste. Elles ont pu se faire y compris contre la bourgeoisie.
Par la suite, les révolutions qui se sont effectuées sous le masque du faux communisme stalinien en Chine, à Cuba, en Afrique, ont été des révolutions bourgeoises, mobilisant notamment la paysannerie, la petite-bourgeoisie urbaine et le prolétariat en utilisant le ressort de l’anti-colonialisme ou de l’anti-impérialisme. Il en est sorti des régimes qui n’ont strictement rien de socialistes, qui connaissent l’argent, le salariat, l’échange marchand, la division du travail et l’exploitation du prolétariat (que celle-ci soit effectuée dans des établissements qui sont la propriété de l’Etat au lieu de capitalistes privés ne change strictement rien). Là encore, l’accumulation du capital menée sur un mode bonapartiste a permis que se dégage une classe capitaliste prête à prendre le relais avec un assouplissement des règles du marché et qui sur le plan politique annonce la perspective d’une révolution démocratique, puisque la république démocratique est le régime qui à la fois permet à l’ensemble de la bourgeoisie de gouverner et constitue le terrain indispensable pour la victoire du prolétariat.
Dans le cas de Cuba, nous avons à faire à une révolution bourgeoise nationale, qui débarrasse le pays d’une clique inféodée aux Etats-Unis, et qui, compte tenu des difficultés et des obstacles rencontrés pour développer l’accumulation du capital (et dont on fera retomber le prix sur le prolétariat et les classes les plus pauvres), fait allégeance à l’impérialisme « soviétique » et apporte sa contribution aux mythes « révolutionnaires » et à l’obscurcissement et à la falsification du véritable programme communiste, révolutionnaire et internationaliste. Des petits-bourgeois déclassés, aventuriers comme Guevara ou Castro n’appartiennent en rien au communisme révolutionnaire. Pour favoriser l’accumulation du capital et les privilèges de la bureaucratie, outre l’exploitation, l’enrégimentement et la répression du prolétariat, Castro n’hésita pas à favoriser le trafic de drogue et la prostitution et il ne recula pas devant la perspective de déclencher une troisième guerre mondiale.
A Cuba comme ailleurs, pour se libérer de ses chaînes le prolétariat n’aura pas d’autre choix, que de lutter pour sa liberté, d’assurer son indépendance de classe et donc de parti, de conquérir le pouvoir politique et d’établir sa propre dictature révolutionnaire pour aller vers une véritable société sans classes.

Le marxisme et les évangiles (4 – Karl Kautsky)

“La critique de la religion est la condition de toute critique” (Marx).

Nous entamons sur ce blog une série de publications sur la critique des évangiles par les marxistes, à la suite des positions prises dans les années 1840 par les “Jeunes Hégéliens”.

4 – Karl Kautsky

De leur côté, Mehring et Kautsky ont adhéré, en 1885, pour l’essentiel, à la thèse de Bauer qui d’une part met en évidence que nous ne savons rien de certain au sujet de la personne de Jésus, et d’autre part que le christianisme peut être expliqué sans avoir recours à ce dernier.

Des critiques ultérieures, dont celles de Paul Göhre, remettaient en cause, en s’appuyant sur l’existence de nouvelles recherches, les thèses de Bauer en les considérant comme dépassées. Ces critiques conduisirent Kautsky à prendre en compte les recherche les plus récentes ce qui se traduisit d’une part, par un maintien de ces positions antérieures et, d’autre part, par un élargissement de son point de vue. Ces travaux firent donc l’objet d’un nouveau livre, paru en 1908 : «Les fondements du christianisme» (http://www.marxists.org/ archive/kautsky/1908/christ/)

4.1. Les fondements du christianisme

Dans cet ouvrage, Kautsky rappelle qu’il s’intéresse à ce sujet depuis de nombreuses années et qu’il avait publié un essai sur la genèse de l’histoire biblique primitive dans Kosmos en 1883 et un autre en 1885 consacré à la genèse du christianisme dans le Neue Zeit. En 1895, il publie un ouvrage consacré aux précurseurs du socialisme dans lequel il traite également du christianisme primitif. Dans le livre publié en 1908, Kautsky met en évidence qu’il n’existe pratiquement par de sources païennes, datant du premier siècle, qui attestent de l’existence de Jésus, fait surprenant dès lors que l’on prend au sérieux ce qui est rapporté dans les évangiles.

4.2           Les sources païennes

Selon Kautsky, la première mention de Jésus dans une source non chrétienne se trouve dans l’ouvrage de Flavius Josèphe, un historien juif de langue grecque ; intitulé « antiquités judaïques », écrit en 93 après JC. Mais selon les analyses retenues par Kautsky, il s’agit de faux ajoutés par les copistes chrétiens au cours du troisième siècle. Kautsky évalue également une deuxième source, celle de l’historien romain, Tacite. Dans les « Annales », écrites vers 115-117, Tacite mentionne les persécutions des chrétiens et l’origine de leur nom, en la personne du Christ. Mais, selon Kautsky, cette source est elle-même sujette à caution dans la mesure où un historien romain plus tardif ne fait pas mention de ces persécutions. On trouve enfin, une indication similaire dans Suétone qui écrit peu de temps après Tacite et qui dit des persécutions des chrétiens par Néron qu’il s’agissait d’hommes qui se sont donnés une nouvelle et dangereuse superstition. Dans Suétone, il n’est pas fait mention de Jésus et Tacite ne fait que parler de Christ, c’est-à-dire de messie et non de Jésus.

4.3           Les sources chrétiennes

En ce qui concerne, l’analyse des sources chrétiennes, et tout particulièrement les évangiles, Kautsky reprend les critiques classiques qui mettent en doute leur crédibilité. Les évangiles n’ont pas été écrits par ceux dont ils portent le nom. Kautsky retient le point de vue de Bauer : Le premier évangile est celui de Marc, écrit plus d’un demi-siècle après la date assignée à la mort de Jésus et notamment après la destruction du Temple de Jérusalem (70), suivi de Luc, puis de Matthieu. Le dernier serait l’évangile de Jean, écrit au milieu du deuxième siècle.

L’analyse de l’apocalypse (révélation) de Jean montre que le texte aurait été écrit peu de temps après la mort de Néron, donc après 68, car le nombre mystique 666 [1] le désignerait. D’autre part, les analyses ont conduit au dépassement du point de vue de l’école de Tübingen selon laquelle l’apocalypse aurait été écrite par Jean.

Les divergences entre les analyses ultérieures font conclure à Kautsky qui suit Otto Pfleiderer [2], qu’il est très difficile de se faire une opinion définitive et d’isoler ce qui relève du mythe et des faits historiques.

Les évangiles commettent beaucoup d’erreurs factuelles et donc relatent des éléments qui sont faux ou impossibles. Qui plus est, ce qui fut élaboré comme évangile connaîtra ensuite de nombreuses altérations (ajouts comme suppressions) dès lors qu’ils passent entre les mains « d’éditeurs » soucieux de l’édification de la foi.

Beaucoup des dires de Jésus étaient présents avant lui (par exemple, le pater). Au fond, il n’y a pratiquement rien qui puisse permettre d’établir des faits concernant Jésus.

Kautsky en tire donc la conclusion que devant cet état de fait, il est n’est pas étonnant que dans les premières décennies du XIXè siècle des études aient rejeté les évangiles comme source fiable de la vie de Jésus et Bruno Bauer a pu aller jusqu’à nier l’existence de Jésus.

4.4           La synthèse

En synthèse, Kautsky conclut que les éléments factuels disponibles sont au mieux ce que nous en dit Tacite : du temps de Tibère, un prophète a été exécuté et la secte des chrétiens lui doit son inspiration, mais que nous sommes incapables de dire quelque chose de définitif au sujet de ce qu’il disait ou pensait. Il n’a pas pu réaliser ce qu’en disent les relations chrétiennes car sinon, un Flavius Josèphe en aurait abondamment parlé. L’agitation comme l’exécution de Jésus n’attirèrent pas la moindre attention de ses contemporains. Mais s’il était le champion d’une secte, sa figure, dotée de pouvoirs surnaturels, entourée de légendes, acquiert une importance croissante avec le développement de la secte.

Quand la secte s’affermit et devient une église, elle fixera le canon, la liste des écrits chrétiens considérés comme authentiques. Par la même occasion, de nombreux évangiles et d’autres écrits furent rejetés comme apocryphe, hérétiques ou douteux. Leur diffusion est arrêtée quand ils ne sont pas détruits. Les textes restés dans le canon sont eux mêmes harmonisés pour qu’ils aient la meilleure concordance possible.

[1] Le nombre de la bête, bien connu des satanistes modernes. Engels adhérait à cette analyse.

[2] Das Urchristentum, seine Schriften und Lehren, in geschichtlichen Zusammenhang beschrieben. Edition de 1902.

Marx Engels et les phases historiques du mode de production capitaliste

Pour consulter l’ensemble du texte en PDF, cliquer ici :  Les phases_historiques_duMPC_Rgood

Sommaire.. 2

  1. La coopération… 4
  2. La manufacture.. 5
  3. Le mode de production capitaliste moderne : la grande industrie et la subordination réelle du travail au capital. 6

3.1          Caractéristiques. 6

3.2          Développement du capital fixe et productivité du travail. 6

3.3          Surpopulation relative. 6

3.4          Développement de la science. 7

3.5          Crises de surproduction.. 8

3.6          Le nouveau marché mondial. 9

3.7          Pouvoir politique. 11