Révision de la prévision de la crise

Nous avons annoncé, lors de la publication de notre livre, en juin, chez l’Harmattan : « Le cycle des crises aux États-Unis depuis 1929 ; Essai de systématisation de la conjoncture », que nous suivrions régulièrement l’actualisation des données et informerions, par conséquent, sur les conséquences possibles sur l’évolution des points de retournement et leur prévision.

La publication des données de juillet 2016 change en grande partie la donne, comme nous le montrons dans le texte joint.

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Sur le travail productif et improductif (2008)

La question de la définition de ce qu’est le travail productif en regard du travail improductif n’a pas qu’une importance théorique. Elle concerne aussi la relation entre le prolétariat (la classe productive) et les autres classes, notamment les classes moyennes salariées.

En 2008, dans le cadre des débats au sein du « Réseau de discussion international », nous avions traité la question dans ce texte consultable ici : travprod

Voir aussi sur ce blog le post : Dynamique du capital et classes sociales

Pour une politique étrangère du prolétariat

de toute

En 1864, au moment de la création de l’Association internationale des travailleurs lors du meeting de Saint-Martin’s Hall à Londres, Marx et Engels écrivaient ceci en conclusion du « Manifeste inaugural » de l’AIT :

« Si l’émancipation des classes travailleuses requiert leur union et leur concours fraternels, comment pourraient-elles accomplir cette grande mission si une politique étrangère, qui poursuit des desseins criminels, met en jeu les préjugés nationaux et fait couler dans des guerres de piraterie le sang et dilapide le bien du peuple ? Ce n’est pas la prudence des classes gouvernantes de l’Angleterre, mais bien la résistance héroïque de la classe ouvrière à leur criminelle folie qui a épargné à l’Europe occidentale l’infamie d’une croisade pour le maintien et le développement de l’esclavage outre Atlantique. L’approbation sans pudeur, la sympathie dérisoire ou l’indifférence stupide avec lesquelles les classes supérieures d’Europe ont vu la Russie saisir comme une proie les montagnes-forteresses du Caucase et assassiner l’héroïque Pologne, les empiétements immenses et sans entrave de cette puissance barbare dont la tête est à Saint-Pétersbourg et dont on retrouve la main dans tous les cabinets d’Europe, ont appris aux travailleurs qu’il leur fallait se mettre au courant des mystères de la politique internationale, surveiller la conduite diplomatique de leurs gouvernements respectifs, la combattre au besoin par tous les moyens en leur pouvoir, et enfin lorsqu’ils seraient impuissants à rien empêcher, s’entendre pour une protestation commune et revendiquer les simples lois de la morale et de la justice qui devraient gouverner les rapports entre individus, comme lois suprêmes dans le commerce des nations.

Combattre pour une politique étrangère de cette nature, c’est prendre part à la lutte générale pour l’affranchissement des travailleurs. » (nous soulignons)

Dans le contexte qui est, depuis près de 90 ans, celui d’une contre-révolution la plus longue de l’histoire, toutes les forces du prolétariat ont disparu en tant qu’expression autonome, il ne dispose plus ni de parti ni de tribune, ni de forces capables de faire valoir « sa » politique étrangère contre sa propre classe dominante, dans chaque pays, et contre tous les impérialismes, à l’échelle mondiale.

Dans ces conditions, face aux évènements tragiques qui frappent régulièrement sous la forme des attentats perpétrés par les groupes et états islamistes (mais dont curieusement le poids émotionnel varie selon la géographie ou la qualité des victimes : qui a fait une minute de silence pour les 300 morts dans l’attentat du 3 juillet à Bagdad ? pour les 50 morts homosexuels d’Orlando ?), il est en grande partie vain, comme le fait régulièrement le minuscule camp révolutionnaire resté fidèle à l’internationalisme prolétarien, d’exhorter à la révolution mondiale à l’aide de formules du type « Seul le prolétariat et la lutte de classes parviendront à faire cesser, etc. ». Lors de la prochaine révolution internationale, le prolétariat aura à affronter dans une guerre civile sans merci TOUS ses ennemis, à commencer par le plus important d’entre eux, son propre Etat, mais aussi toutes les bandes mercenaires qui pourront être appelées à la rescousse, et dont la haine du communisme et de la libération sociale qu’il représente pour tous, et notamment les femmes, est un moteur suffisant.

En revanche, on peut rappeler un certain nombre de positions qui devraient faire partie de la « politique étrangère du prolétariat », même si nous sommes à l’heure actuelle « impuissants à rien empêcher », revendications que demain un parti ouvrier international devrait porter haut et fort et imposer si besoin par la force.

  • Abolition de l’armée permanente, armement du prolétariat, service militaire obligatoire mixte après 18 ans
  • Arrêt des interventions impérialistes et des livraisons d’armes qui les accompagnent
  • Refus de tout soutien à et de toute solidarité envers l’État bourgeois
  • Démantèlement de toutes les armées privées et sociétés mercenaires avec confiscation de leur matériel et de leur capital social
  • Dénonciation de tous les traités secrets et publication de tous les documents liés à la diplomatie

Il convient évidemment de distinguer ici les mesures qui ne pourront être pleinement prises qu’une fois le prolétariat arrivé au pouvoir, de celles qui peuvent constituer des revendications et nécessiter une pression de la part du prolétariat –  lorsqu’il peut l’exercer. Tout ceci supposera, au-delà des points énumérés, qu’une révolution internationale redéfinisse de fond en comble les relations politiques et économiques entre les nations.

Mais en tous les cas, même du fonds de l’impuissance du camp prolétarien, rien n’est pire que l’indifférentisme, et le fait de renouer le fil ténu qui a toujours permis au prolétariat de faire entendre sa voix inter-nationale dans le concert des nations, est le minimum que nous puissions faire aujourd’hui.

Actualités de la prévision du cycle des crises

Comme cela a été annoncé à la parution (mai 2016) de notre livre  » Le cycle des crises aux États-unis depuis 1929″ (Éditions  l’Harmattan –http://bit.ly/29GXuuP), nous profiterons de chaque publication trimestrielle des chiffres-clés (États-Unis) qui servent de base à notre démonstration pour publier une actualisation de l’étude.
Le texte qui a été mis en ligne début juillet sur notre site www.robingoodfellow.info prend en compte la sortie des statistiques de juin. Il répond aussi à certaines critiques ou commentaires qui nous ont été adressés, ainsi qu’à des prises de position sur le cycle actuel des crises, avec lesquels nous divergeons.
Rappelons aux esprits chagrins et faussement caustiques que Robin Goodfellow ne s’intéresse pas en tant que tels aux mouvements de la bourse mais cherche à affiner la prévision de la venue de la prochaine crise mondiale de surproduction, laquelle se déroule dans les profondeurs de la production capitaliste et ravage tout sur son passage. Nous n’en attendons pas  mécaniquement une reprise de la lutte mondiale du prolétariat pour son émancipation, mais bien une déstabilisation profonde du développement du capital, des rapports de force entre États, de l’équilibre des classes au sein des États. Si la théorie, y compris dans ses aspects les plus ardus, doit être un guide pour l’action, la capacité à ne pas se laisser surprendre par les événements est un atout pour le camp révolutionnaire. En outre, tout ce qui contribue à montrer la supériorité de la critique de l’économie politique sur toutes les formes d’économie bourgeoise (y compris dans ses variantes réformistes et gauchistes) et donc manifeste la supériorité du marxisme sur les idéologies, contribue à renforcer la théorie révolutionnaire toute entière.

TEXTE : crise_usa

La situation politique au Brésil

Pour lire le texte en entier : Situation-Brésil-juin2016

INTRODUCTION

Les événements politiques qui se sont produits à un rythme accéléré au Brésil,[1] dans un contexte de tension marquée par la polarisation entre ceux qui étaient pour l’impeachment de Dilma Rousseff et ceux qui appuyaient le gouvernement PT, sont des manifestations visibles aussi bien de la crise économique qui frappe le pays depuis quelques temps, que de la recherche par les différentes fractions de la bourgeoisie[2] d’une expression politique plus adéquate pour la représenter au sein de l’Etat dans la situation actuelle.

Ce changement d’attitude de la majorité des fractions de la bourgeoisie vis-à-vis du gouvernement actuel montre de manière éloquente que pour elle le gouvernement de Dilma n’est plus un “bon” gouvernement. Mais, du point de vue de la bourgeoisie, que serait un “bon” gouvernement dans une situation idéale ? La réponse coule de source : ce serait un organe capable de permettre à l’ensemble de la bourgeoisie de gouverner, de garantir la tranquillité des affaires et l’ordre social sur le plan interne, et notamment de s’assurer du soutien du prolétariat, de présenter un visage fort et assuré sur le plan externe, de garantir la sécurité des frontières (bref de défendre les intérêts impérialistes du Brésil) et de favoriser la production du maximum de plus-value, y compris en faisant de la lutte des classes un facteur de rationalisation et de développement de la production capitaliste. Cette situation idéale présuppose que tout ceci se déroule dans une phase d’expansion de l’accumulation qui favorise des relations sociales plus “malléables” et fluides et évite l’éruption de conflits importants. Cependant, le meilleur gouvernement bourgeois – “meilleur” du point de vue bourgeois, évidemment – ne peut pas étouffer la lutte des classes ni les contradictions et les conflits de pouvoir qui se manifestent dans la société.

Les diverses fractions de la bourgeoisie entrent en concurrence pour la production et la répartition de la plus-value produite, qui se décompose notamment en profit, intérêt, rente et impôts. Au sein de cette concurrence, les capitalistes industriels peuvent s’opposer aux propriétaires fonciers, les industriels aux capitalistes du commerce, la bourgeoisie à l’Etat ; les orientations du développement industriel peuvent amener différentes branches à s’opposer entre elles, comme par exemple les lobbies du transport routier face à ceux du transport ferroviaire ou fluvial. L’ouverture et l’expansion de marchés, les outils pour faciliter l’installation d’entreprises, les recours aux crédits sélectifs pour favoriser certains secteurs de l’économie ayant un fort pouvoir de lobbying auprès du gouvernement, etc. sont des mesures politiques qui indiquent le rapport de forces entre fractions bourgeoises, et ses manifestations à travers les représentations (partis) politiques au sein de l’Etat. Naturellement, le puissant antagonisme entre bourgeoisie et prolétariat est toujours présent et s’exprime de manière plus ou moins aigue selon les circonstances. Pour les fractions de la bourgeoisie, la question est celle de la production du maximum de plus-value et de sa répartition, pour le prolétariat il s’agit, sur le plan immédiat, de résister à une exploitation qui tend à être toujours plus importante[3].

Ainsi, le “bon” gouvernement pour la bourgeoisie, est celui qui arrive à maintenir, au milieu de tout cela, les équilibres et la paix sociale. En revanche, les intérêts du prolétariat révolutionnaire sont, eux, totalement inverses. Il a tout intérêt à ce que l’Etat bourgeois se trouve affaibli, que les partis qui représentent les différentes fractions de la bourgeoisie s’affrontent entre eux et se trouvent dans une situation de grande faiblesse pour assurer la conduite des affaires publiques d’un “bon” gouvernement. Le prolétariat, par conséquent, ne peut rester indifférent à l’évolution de la représentation politique du camp bourgeois et à ses difficultés, car elles lui sont favorables. Pour cette raison des événements comme ceux qui secouent le Brésil depuis bientôt deux ans méritent une analyse circonstanciée, du point de vue des intérêts du prolétariat, ce qui ne veut pas dire que ce dernier ait – dans le cas particulier [4]– à apporter son soutien à l’un ou l’autre camp.

Comme nous l’avons déjà dit il y a 15 ans dans notre texte d’analyse sur le “18 Brumaire”,[5] si la lutte des classes détermine les évolutions des partis, alors l’étude de cette évolution constitue un indicateur, même grossier, des tendances de la lutte des classes ou du moins des relations entre les classes. Comme les classes sociales (en y incluant évidemment le prolétariat) doivent être représentées au sein de la société, on peut reconnaître, sous la surface immédiate des phénomènes, les tendances aux bouleversements plus profonds entre les diverses fractions de la société, qu’elles se situent dans le camp bourgeois ou dans le camp prolétarien. Quant au prolétariat, même lorsqu’il ne dispose pas de son expression politique, de son parti de classe autonome et opposé à tous les autres partis de la société, il continue à exister et à s’exprimer politiquement, même sous une forme contradictoire et non révolutionnaire.

Au Brésil, particulièrement au cours de ces dernières années, différentes fractions de la bourgeoisie pressées par les difficultés issues de la crise mondiale de 2008-2009 s’efforcent d’arriver à un accord général sur le plan politique afin de déloger le PT du pouvoir. Ces derniers temps, alors que le Brésil retrouve une crise que le PT a tenté de juguler et a réussi à différer pendant quelques années, la dispute devient d’autant plus féroce que la concurrence entre les fractions de la bourgeoisie s’avive du fait de la baisse brutale du taux de profit. Ce mouvement a commencé à se manifester ici et là depuis la mi-2012, via des frictions au sein du Congrès national (Chambre des députés et Sénat fédéral)[6].

Nous ne chercherons pas ici à rappeler et analyser dans le détail l’évolution de ces expressions politiques, tant celles du camp bourgeois que celles du camp prolétarien, qui finirent par déboucher sur les événements actuels au Brésil, ni à raconter sur le mode journalistique et à chaud les derniers événements qui agitent le pays et évoluent rapidement à mesure des péripéties du long processus de destitution[7] et de ses conséquences politiques. Ce qui nous intéresse c’est de commenter deux liés à ces phénomènes :

  • la crise économique actuelle
  • la possibilité que les fractions de la classe bourgeoise forment un gouvernement capable d’assurer pour quelque temps la “paix politique et sociale” pour la libre exploitation de la classe prolétarienne, capable d’étouffer pendant quelques temps les revendications économiques et sociales du prolétariat, fortement touché par la crise économique.

Le principal défi posé à un tel gouvernement est de pouvoir compter sur l’appui d’une partie significative du prolétariat, car comme le disait déjà Engels, “la bourgeoisie a appris qu’elle ne parviendrait jamais à dominer politiquement et socialement la nation, autrement qu’avec l’aide de la classe ouvrière.” (Préface de 1892 à la réédition de “La situation de la classe laborieuse en Angleterre”, Editions sociale, p. 393)

[1] Rappelons, pour le lecteur francophone, que le Brésil est une république fédérale, à l’image des Etats-Unis. Le libellé exact de l’Etat est « République Fédérative du Brésil ». On a donc un niveau de gouvernement état par état, et le niveau fédéral représenté par le gouvernement central et les chambres haute et basse.

[2] Avec le développement du mode de production capitaliste, se développent des formes sociales de propriété (sociétés par actions, holdings, etc.) et les différences entre capitalistes et propriétaires fonciers tendent à disparaître, de manière plus ou moins affirmée en fonction du développement des rapports sociaux capitalistes d’un pays. La classe capitaliste et la classe des propriétaires fonciers tendent, par conséquent, à se fondre entre elles, à s’interpénétrer, les uns achetant les terres et les immeubles qui deviennent propriété sociale, les autres devenant actionnaires et capitalistes. Ainsi dans ce texte nous appelons bourgeoisie ou classe bourgeoise l’ensemble des diverses fractions de l’industrie, des finances, de l’agro-alimentaire, du grand commerce, des mines, etc. Plus de détails sur cette tendance peuvent être trouvés dans notre publication : « Le marxisme en abrégé », disponible en PDF sur notre site www.robingoodfellow.info ou en livre papier sur le site www.lulu.com

 

[3] On voit aussi comment de nouveaux acteurs dans le cadre de l’activité capitaliste cherchent à influencer les états pour promouvoir leur nouveau « modèle économique ». Par exemple Uber, dans le domaine du transport urbain se présente, dans les termes de l’idéologie bourgeoise, comme une firme moderne et libérale, s’oppose à fractions de la classe capitaliste et des classes moyennes (sociétés employant des chauffeurs salariés, artisans chauffeurs de taxi) et ramène le salariat à une forme de travail indépendant ou de travail à domicile. De nationalité américaine à la base, la firme couvre un très large champ international, se confrontant ainsi aux législations propres de chacun des états où elle cherche à s’implanter.

[4] Mais, comme le dit Engels en 1889 dans une lettre à Gerson Trier : “Cela n’exclut pas, cependant, que ce parti puisse momentanément utiliser à ses fins d’autres partis. Cela n’exclut pas davantage qu’il puisse soutenir momentanément d’autres partis pour des mesures qui représentent ou bien un avantage immédiat pour le prolétariat, ou bien un progrès dans le sens du développement économique ou de la liberté politique. Pour ma part, je soutiendrais quiconque lutte véritablement en Allemagne pour l’élimination de la succession par ordre de primogéniture et d’autres survivances féodales, de la bureaucratie, des droits de douane, des lois de répression contre les socialistes, des restrictions au droit de réunion et d’association. »

[5] Cf. “Notes sur le Bonapartisme. A propos du « 18 Brumaire de Louis-Napoléon Bonaparte »”, de Juin 2001, accessible sur notre site

[6] Nous ne distinguerons pas, dans ce texte les poids des représentations politiques et des lobbies des fractions de la bourgeoisie au sein du Parlement comme indicateur grossier de la lutte des classes, bien qu’il soit notoire qu’à la Chambre des Députés prédominent de loin les intérêts personnels les plus mesquins et les chasses gardées au sein du système de coalitions entre les partis. La grande masse des députés s’exprime peu ou pas du tout, appuyant ses leaders qui expriment politiquement les intérêts de ces fractions. Au Sénat fédéral, le mouvement des partis politiques, du fait du mode d’élection, tend à indiquer déjà de manière plus fine les intérêts des différentes fractions bourgeoises.

[7] Sur le modèle américain, les brésiliens désignent par l’anglicisme « impeachment » la procédure de destitution prévue par la Constitution. Nous le traduirons systématiquement ici par « destitution ».

Réponse de Robin Goodfellow à Sander (P.I.) à propos de la prévision des cycles et crises de surproduction

A la suite de la publication sur notre blog du texte consacré à la prévision des crises (https://defensedumarxisme.wordpress.com/2016/03/11/cycles-economiques-et-prevision-des-crises-de-surproduction/), et de sa diffusion sur la liste de discussion du « Réseau de discussion international », nous avons reçu ce commentaire de Sander, de Perspective Internationaliste :

« Je suis plutôt déçu par ce texte. C’est un essai de prévoir à quel moment la crise s’accélérera, basé sur un seul facteur : la relation entre taux d’intérêt et taux de profit. C’est intéressant et ça peut être utile si tu as de l’argent à investir, mais même en ce regard, ça me semble douteux de ne tenir compte que de ce seul facteur. En tant que analyse de la crise, c’est trop maigre. »

Il nous faut ici rectifier les erreurs commises par Sander par rapport à notre texte.

Bien que la signification de cette table statistique (table 1-15 du BEA) ne soit pas spécialement facile à interpréter, il n’est pas exact de dire que la série présentée rapporte le taux d’intérêt au taux de profit. Il y a bien sûr une relation avec ces taux, mais les données utilisées rapportent la part de la valeur ajoutée qui est versée sous forme d’intérêt à la part correspondant au profit brut (profit avant impôts).

Ensuite, comme nous l’avons dit explicitement, mais cela n’a pas attiré l’attention de Sander[1], le rapport (i/p, intérêt/profit) est pris comme exemple de ce que nous appelons le cycle des taux et rapports.

Les grandes tendances que nous y mettons en relief se retrouvent dans tous les taux (taux de profit, taux de plus-value) et rapports (capital fixe/profit, intérêt/profit) analysés.

L’introduction du livre sur « la théorie marxiste des crises » qui compile les travaux de Communisme ou Civilisation sur ce sujet, reproduit d’ailleurs le graphique de l’évolution du taux de profit rapporté à la valeur ajoutée brute.

Pour TOUS les taux et rapports, pour TOUS les cycles (depuis 1947, pour les statistiques les plus précises et depuis 1929 avec une moins grande précision – avant nous n’avons pas les données -) on observe le même phénomène : aucune crise n’a eu lieu avant que ce cycle ne passe par un point de retournement. Dans les crises, un point haut (rapports) ou un point bas (taux) est atteint. Dans la partie proche de la crise, on constate une accélération de la tendance.

LIRE LE TEXTE COMPLET : Réponse_Sanderjuin16

[1] A la différence de Sander, Marcel Roelandts se comporte (cela devient une habitude –cf. aux fondements de crises) en faussaire en tronquant les citations. Pour nous attribuer une conception unilatérale des crises, il prétend nous citer : « Pour Henryk Grossman et Paul Mattick, « la crise trouve son origine dans la production insuffisante de plus-value ». Au-delà de ce qui peut les distinguer, il en va globalement de même pour les analyses produites par le groupe Robin Goodfellow : « Les crises du mode de production capitaliste moderne sont des crises de surproduction (la première date de 1825) produites par l’insuffisante valorisation du capital, c’est-à-dire du fait d’une production insuffisante de plus-value… » » (Marcel Roelandts, http://www.contretemps.eu/interventions/crise-qui-vient). Mais le passage complet est le suivant : « Les crises du mode de production capitaliste moderne sont des crises de surproduction (la première date de 1825) produites par l’insuffisante valorisation du capital, c’est-à-dire du fait d’une production insuffisante de plus-value en raison de la baisse brutale du degré d’exploitation de la force de travail ou par les difficultés de l’écoulement de la masse croissante de marchandises et de leur forme du fait du développement grandissant de la force productive du travail et des rapports économiques antagoniques entre les classes ; ces crises affectent la totalité du produit social et prennent un caractère catastrophique, dans le sens où elles dévastent la société (à l’instar d’une catastrophe naturelle, mais ici pour des raisons sociales). ». Nous y faisons donc allusion à ce que nous avons développé longuement sous les étiquettes de surproduction de capital et surproduction de marchandises dans le livre intitulé « Aux fondements des crises », livre qui d’ailleurs se livre à une critique serrée des analyses de Marcel Roelandts et qu’il semble ignorer.