Sur la grève de « Telefonica » en Espagne

La grande majorité des ouvriers travaillant pour les sous-traitants de Telefonica, l’opérateur historique des télécommunications en Espagne, est en grève illimitée depuis le 7 avril dans tout le pays, la grève ayant commencé à Madrid le 28 mars.

L’Espagne, comme la Grèce, le Portugal et l’Italie, est confrontée à des mesures d’austérité anti-ouvrières draconiennes auxquelles s’ajoutent des lois favorisant une répression très dure des mouvements sociaux. Le capital cherche à faire baisser de manière drastique le prix de la force de travail pour rendre le pays « compétitif ». Dans le secteur des Télécommunications, un système d’échelon de sous-traitance qui va jusqu’au travailleur faussement « indépendant » qui est souvent un ouvrier licencié des entreprises sous-traitantes, a permis de baisser les coûts salariaux qui n’excèdent pas 6 à 800 Euros bruts pour les ouvriers du dernier échelon, pour des journées de travail de 10 à 12 heures sur 7 jours.

Lorsque Telefonica a exigé que les contrats passés pour 2015 soient revus à la baisse de 35%, une première grève spontanée a éclaté à Madrid puis s’est répandue dans tout le pays. Le mouvement est géré par des comités de grèves et des assemblées générales qui disent aux syndicats majoritaires : « vous ne nous représentez pas ». CCOO et UGT font tout pour saboter la grève, y compris, le 7 mai en levant les préavis, alors que la majorité des grévistes ne suit pas les consignes syndicales.

Le texte que nous avons traduit, après une rencontre avec les grévistes à Barcelone le 1er mai, a été publié par un gréviste sur le blog de la lutte (www.teleafonica.net) et traduit par nos soins. Nous le livrons comme un témoignage d’une lutte ouvrière qui doit affronter la dispersion en centaines et milliers d’entités, en privilégiant les formes d’organisation qui favorisent l’autonomie de la classe prolétarienne (même si, dans une situation en partie nouvelle, nous avons aussi à faire ici à des prolétaires qui ont été poussés à prendre un statut de travailleur « indépendant »).

Chronique d’une grève illimitée

Publicités