La faim n’est pas un problème de répartition des richesses

En réponse à l’étude annuelle publiée par l’ONG OXFAM (1) sur la répartition mondiales des richesses, le site du monde.fr publie un article critique sur la méthode statistique utilisée : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/01/19/les-limites-de-l-etude-d-oxfam-sur-les-personnes-les-plus-riches_4849680_4355770.html

Ce que montre cet article (d’ailleurs pompé sur ce blog-ci : http://blog.francetvinfo.fr/…/inegalites-mondiales-les-absu…) n’est pas le plus important.

Le plus important est que ce genre d’enquête sensationnaliste, abondamment relayées sur Facebook, occulte complètement le vrai combat contre le mode de production capitaliste, qui ne concerne pas la mauvaise DISTRIBUTION des richesses, mais le MODE DE PRODUCTION et les RAPPORTS DE PRODUCTION.

Quand bien même les fameux « 1% » les plus riches donneraient toute leur fortune à toute l’humanité (!!), cela ferait une somme de 300 $ environ par personne, et 600 si l’on considère seulement les 3 milliards d’individus les plus pauvres.

Beau résultat en réalité, et qui ne résoudrait en rien la misère et la faim !!

Pour les éradiquer, il n’y a qu’une solution, qu’une révolution mondiale renverse l’ordre des rapports de production en expropriant les CAPITALISTES (et pas « LES RICHES ») et en ré-orientant complètement l’appareil productif, rendu aux mains de ceux qui produisent.

La rationalisation de la production, l’augmentation de la productivité pour faire baisser le temps de travail et augmenter la quantité de biens produits pour satisfaire les besoins de tous, l’augmentation de la qualité des biens produits, la participation de tous à la production ne seront possibles que lorsque le prolétariat se sera organisé à l’échelle mondiale (L’Internationale) pour s’emparer du pouvoir politique et exercer sa dictature contre les classes dominantes qu’il s’agira d’exproprier pour reprendre en mains et transformer tout l’appareil de production et de distribution.

ET CE NE SERA PAS FACILE.

C’est un autre point mortifère du slogan des « 1% », tel qu’il avait déjà été avancé par des mouvements comme « Occupy Wall Street ». Il laisse penser que, dans un rapport de 1 à 10, le renversement de l’ordre existant est une bluette qui se fera quand les 99% auront pris conscience de « l’injustice » représentée par la situation.

Ce genre de rhétorique n’a d’autre effet que de désarmer le prolétariat, en semant des illusions sur les possibilités de réussite d’une révolution sociale.

Que l’on songe que, simplement en France, les forces de répression, entre militaires, gendarmes, flics, gardiens de prison, agents de sécurité privés (2)… représentent pas loin de 600.000 membres soit… 1% de la population (et la plupart armés !). La bourgeoisie elle-même se repose sur la complicité, et l’accord au moins tacite des classes moyennes et d’une partie du prolétariat. Dans une dynamique révolutionnaire, le prolétariat devra affronter pour vaincre ou soumettre, beaucoup plus que « 1% » de la population.

Sans en constituer un facteur mécanique, les crises de surproduction qui vont se reproduire tout prochainement, d’une ampleur encore plus féroce que celle de 2007-2009, accéléreront la dynamique de rupture, en précipitant des pans entiers de la société et notamment les classes moyennes dans la misère noire. Mais ceci ne garantit pas à soi seul la reprise d’une perspective révolutionnaire.

En attendant, il faut combattre les pleurnicheries humanistes à la OXFAM et toujours répéter que notre combat ne vise pas à instaurer une meilleure équité et une meilleure justice sociale au sein du mode de production capitaliste, mais à DÉTRUIRE LE CAPITAL, SON MODE DE PRODUCTION ET TOUS SES SUPPÔTS.

(1) http://www.oxfamfrance.org/communique-presse/justice-fiscale/davos-2016-62-personnes-possedent-autant-que-moitie-plus-pauvre

(2) http://www.interieur.gouv.fr/…/Les-chiffres-de-la-securite-… – Cependant, à la différences des flics, militaires et gendarmes, ces derniers sont des prolétaires.