Réponse aux critiques

LIRE LE TEXTE (PDF) : Réponse_Critiques

Comme il était prévisible, notre dernier texte sur la Catalogne a suscité quelques réactions. Alors que nos travaux menés depuis  plus de 40 ans n’ont engendré que du silence et de très rares remarques, ce texte politique nous vaut la réaction du prolétariat universel[1] et du Foro político-social internacionalista[2] relayée par le blog Pantopolis.

Compte-tenu de l’ampleur du sujet, nous ne poserons ici que quelques rappels théoriques et de principe, sans rentrer dans le détail de la question nationale en général et de l’Europe en particulier, sujets que nous aborderons par la suite, dans un autre texte.

[1] https://proletariatuniversel.blogspot.fr/

[2] http://inter-rev.foroactivo.com/t7320-en-el-bosque-de-la-confusion-y-por-las-ramas-critica-a-un-texto-de-robin-goodfellow-sobre-la-independencia-de-cataluna

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Espagne : l’indépendance de la Catalogne est l’arbre qui cache la forêt de la lutte de classe.

TEXTE COMPLET : Sur_la_Catalogne

La perspective de création de nouveaux petits Etats en Europe n’est pas favorable aux intérêts du prolétariat. Au lieu d’aller vers une plus grande unification des territoires, des marchés, des législations sur le travail, des conditions de production, on assisterait à un morcellement plus grand, à la création de nouvelles frontières, de nouvelles monnaies nationales, de nouveaux appareils d’Etat avec tout ce que cela implique en termes de ponction par l’impôt pour alimenter bureaucraties et forces de répression.

D’un autre côté, dans le cas où une telle création peut mettre fin à l’oppression d’une nation par une autre, alors elle institue la perspective d’une plus grande démocratie en débarrassant le prolétariat d’une question qui fait obstacle à son émancipation. Depuis 1871, qui a marqué un apogée du mouvement de réunification (unités allemande et italienne), le nombre d’Etats en Europe n’a cessé de croître. La fin des empires ottoman, austro-hongrois, russe et allemand après la première guerre avait abouti à la création de nombreuses nations. La chute de L’URSS qui avait en partie reconstitué l’empire russe à la suite de la deuxième guerre mondiale a relancé ce processus.

Les remaniements politiques et géographiques issus de la chute des faux socialismes de l’Est ont donc abouti à la création de nouveaux Etats en Europe : Serbie, Croatie, Slovénie, Monténégro, Bosnie-Herzégovine, Macédoine, Kosovo, Lettonie, Lituanie, Estonie, Biélorussie, Ukraine, Moldavie, Slovaquie, République tchèque. Cependant, le but d’une grande partie de ces Etats – dont certains n’avaient jamais eu d’existence historique – qui est une condition fondamentale pour leur viabilité est l’adossement à l’Union Européenne sinon à la zone euro[1].

Pour le marxisme, le principe du droit à l’auto-détermination n’est pas un principe abstrait qui peut s’appliquer à n’importe quelle situation historique et à n’importe quel peuple. Il dépend de chaque situation géo-historique particulière et doit s’inscrire dans la politique du prolétariat international. Par le passé, par exemple, le parti prolétaire a dénié le droit à la nation tant aux Tchèques qu’aux Slaves du sud.

Ainsi l’expression « droit des peuples » ne signifie pas que n’importe quelle nationalité ou minorité ait la possibilité historique, à tout moment, de revendiquer et a fortiori d’obtenir son émancipation en tant que nation. Tout dépend des circonstances historiques. Du côté du prolétariat, l’appui à donner ou non à de telles revendications ne relève pas non plus de l’application d’un principe abstrait mais découle d’une analyse de la situation qui sera la plus favorable au prolétariat, et comme classe du territoire concerné et comme force internationale.

Par le passé, Marx et Engels considéraient deux éléments, qui pouvaient se combiner entre eux. Le premier concerne l’effet que pourrait avoir la libération d’une nation sur la nation dominante et les impacts sur l’équilibre international. Ainsi la lutte des irlandais contre la principale puissance capitaliste, l’Angleterre, ou la constitution de la Pologne, comme nation indépendante signifiant, au 19° siècle, un affaiblissement du tsarisme, rempart de la réaction en Europe. Le deuxième relève du combat pour la « conquête de la démocratie » ; en conquérant la république démocratique comme « ultime terrain de lutte » contre la bourgeoisie, le prolétariat élimine un obstacle sur le chemin de son autonomie comme classe et rend toujours plus évident l’antagonisme fondamental entre le capital et le travail, entre la bourgeoisie et le prolétariat.

Ainsi, du point de vue du prolétariat, on peut avoir ou ne pas avoir ce droit, en tant que nation ; on peut décider de ne pas utiliser ce droit (et se satisfaire, par exemple d’une large autonomie ou décider de rejoindre un ensemble plus vaste) ; et, au sein de l’ensemble national, le parti prolétarien peut juger que la solution d’un état n’est ni propice, ni favorable à ses intérêts et se refuser à prendre part à la solution nationale. Naturellement, la question du rapport de forces, notamment au niveau international, est ici primordiale.

Tout au long de l’année 2017, en préparation du référendum du 1er octobre, on a vu circuler sur nombre de sites et blogs indépendantistes, y compris anarchistes ce qui est comique, le texte de Lénine de 1916 «  La révolution socialiste et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes »[2]. Or il est une précision importante que donne Lénine quant à la différence entre disposer de ce droit et l’exercer.

« Le droit des nations à disposer d’elles-mêmes signifie exclusivement leur droit à l’indépendance politique, à la libre séparation politique d’avec la nation qui les opprime. Concrètement, cette revendication de la démocratie politique signifie l’entière liberté de propagande en faveur de la séparation et la solution de ce problème par la voie d’un référendum au sein de la nation qui se sépare. Ainsi, cette revendication n’a pas du tout le même sens que celle de la séparation, du morcellement, de la formation de petits Etats. Elle n’est que l’expression conséquente de la lutte contre toute oppression nationale. Plus le régime démocratique d’un Etat est proche de l’entière liberté de séparation, plus seront rares et faibles, en pratique, les tendances à la séparation, car les avantages des grands Etats, au point de vue aussi bien du progrès économique que des intérêts de la masse, sont indubitables, et ils augmentent sans cesse avec le développement du capitalisme. Reconnaître le droit d’autodétermination n’équivaut pas à reconnaître le principe de la fédération. On peut être un adversaire résolu de ce principe et être partisan du centralisme démocratique, mais préférer la fédération à l’inégalité nationale, comme la seule voie menant au centralisme démocratique intégral. C’est précisément de ce point de vue que Marx, tout en étant centraliste, préférait même la fédération de l’Irlande avec l’Angleterre à l’assujettissement forcé de l’Irlande par les Anglais. » (Nous soulignons)

Lénine relie explicitement ce droit à l’élargissement de la démocratie dans l’Etat, chose que n’avait absolument pas comprise Rosa Luxembourg dans son évaluation de la question nationale. Il ne s’agit donc pas d’une question abstraite, déconnectée de la lutte générale pour conquérir le « terrain de lutte » favorable au prolétariat, mais de favoriser les meilleurs choix pour lever les obstacles à l’expression de son autonomie de classe. De ce point de vue, la création d’un nouvel Etat catalan constitue une régression pour le prolétariat de Catalogne et d’Espagne, mais la non reconnaissance du droit à l’exercer crée un abcès de fixation durable sur la question nationale qui est tout autant préjudiciable à la lutte des classes.

Aujourd’hui, dans le monde entier, le prolétariat ne dispose d’aucune expression politique autonome. Partout il est à la remorque des partis bourgeois ou petits-bourgeois au sens large. Il n’empêche qu’une situation comme celle de la Catalogne aujourd’hui, en plein cœur de l’Europe, ne peut se régler à coups de citations de Rosa Luxembourg et de « ni-ni ». Le rappel nécessaire de la position internationaliste ne peut se résumer à un vœu pieux mâtiné d’indifférentisme. Qu’on le veuille ou non les « questions » catalane, flamande, écossaise vont continuer d’empoisonner le climat politique et social, qu’elles relèvent de revendications légitimes ou de calculs plus ou moins pertinents de la bourgeoisie européenne pour résoudre les questions accrues de la concurrence entre états rivaux.

Dans l’absolu, ces nouveaux Etats pourraient être économiquement viables. La plupart du temps, les revendications indépendantistes (Catalogne, Pays basque, Ecosse, Flandre Belge, …[3]) émanent de régions qui figurent parmi les plus riches de leurs pays respectifs ou disposent d’une rente associée à la production de matières premières capable de favoriser l’accumulation du capital et d’assurer les dépenses liées à l’Etat, comme le pétrole dans le cas de l’Ecosse. On ne peut cependant considérer leur économie propre comme une simple soustraction de l’ensemble national auquel ces régions appartiennent. Les inter-relations avec les autres régions, les Etats centraux et l’ensemble que constitue la Communauté Européenne, jouent un rôle fondamental dans leur position relativement plus avantageuse.

[1] Appartiennent à l’Union européenne et à la zone euro : la Tchéquie, la Slovaquie, la Slovénie, la Lettonie, la Lituanie, l’Estonie. L’Allemagne s’est réunifiée avec sa partie orientale. Le Monténégro, candidat à l’Union européenne a adopté l’euro unilatéralement. La Croatie a adhéré à l’Union européenne. Le Monténégro, la Bosnie-Herzégovine, la Macédoine, La Serbie sont candidats à l’adhésion. L’Ukraine et la Moldavie sont de potentiels candidats mais font l’objet de tractations avec la Russie.

[2] https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1916/01/19160100.htm

[3] Le cas de l’Italie du Nord est différent.


SOMMAIRE :

1.             La question nationale en Europe.. 3

2.            Le projet d’indépendance de la Catalogne.. 6

3.            Les partis en présence.. 10

4.            Pour une position autonome du prolétariat.. 13

LIRE L’INTEGRALITE DU TEXTE ICI : Sur_la_Catalogne

La nature de la révolution d’octobre 1917

Le texte que nous présentons ici a servi de trame à une conférence sur « La nature de la révolution d’octobre 1917 », tenue au Moulin de Saint-Félix (Oise), à l’initiative de jeunes camarades.

Tout en étant rédigé, il faut garder à l’esprit qu’il s’agit d’un support à une communication orale, d’une heure trente environ. Il ne saurait donc prétendre à fournir une étude exhaustive de la révolution russe, comme nous le disons en entrée du texte. Nous nous sommes limités à la séquence février-octobre, et avons privilégié l’analyse en termes de rapports de classes et de forces politiques, l’enjeu étant la caractérisation de la révolution d’octobre.

Certains faits rapportés sont forcément, dans ce contexte, lapidaires.

Nous nous sommes appuyés sur un travail en cours, beaucoup plus détaillé, sur le cours de la révolution russe, qui devrait être publié début 2018 dans le cadre de la réédition augmentée de notre texte de 2011 : « Le cours historique de la révolution prolétarienne ».

Lire le texte complet : Nature_revolution_russe

 

Le cycle des crises aux Etats-Unis depuis 1929 (8) – Révision générale des données et deuxième trimestre 2017

Lire le texte complet (PDF) : crise_usa_8_Revision_Generale_2T

Le 28 juillet 2017, le BEA (Bureau of economic analysis) a publié une révision générale des données. Elle concerne les trois dernières années et donc nombre de phases du cycle puisque nous avons, jusqu’à présent, fixé le point de retournement de la période d’accumulation du cycle au troisième trimestre 2014. D’autre part, le 30 août 2017, le même organisme a publié les données du deuxième trimestre 2017.

Dans notre dernière note de conjoncture, les données montraient que la vague d’accélération  était terminée mais qu’une deuxième vague, juxtaposée à la première (ce qui aurait été un nouveau cas dans l’histoire des cycles), pouvait prendre forme. Les nouvelles données confirment largement l’arrêt de la vague d’accélération et infirment l’hypothèse d’une deuxième vague d’accélération suivant la première. D’autre part, nous assistons à une convergence des diverses séries de données. Cette unification conduit au même diagnostic, à savoir que la vague d’accélération synthétique, initiée, selon les nouvelles données, au premier trimestre 2015 est terminée. Avec cet arrêt, sauf révision ultérieure des données, nous devons conclure, pour suivre la méthode que nous avons dégagée de l’étude des cycles depuis 1929 et plus précisément depuis 1947, qu’un sous-cycle s’est achevé et qu’un nouveau sous-cycle est en cours.

Compte-tenu des données actualisées, cette vague a duré huit trimestres selon la méthode des moyennes mobiles et cinq trimestres selon la méthode de la tangente. Par conséquent, la vague d’accélération de synthèse, qui résulte de la confrontation des deux méthodes, est de cinq trimestres. Nous l’avons superposée à la vague issue des moyennes mobiles dans la série i/p sous la forme d’un surlignage des données en jaune.

Un autre fait significatif apparaît à la suite de cette révision générale : le point de retournement de la période d’accumulation est désormais identique pour toutes les séries. Il y a un peu plus d’un an, quand nous avons publié le livre qui analyse l’ensemble des cycles, la distribution des points de retournement était loin d’être aussi homogène. Le taux de profit général se retournait au deuxième trimestre 2013. Il en allait de même pour le rapport k/p. Quant au taux de plus-value général apparent, il avait atteint un apogée au troisième trimestre 2011. En restant fidèle à la méthode qui consiste à privilégier le rapport i/p qui désignait le quatrième trimestre 2014 comme point de retournement, nous étions bien plus près du résultat qui semble définitif pour cette partie du cycle. Il montre aussi à quel point l’avertissement que nous faisions au début du chapitre 9 de cet ouvrage, intitulé : « conclusion provisoire », était justifié[1].

Dans notre dernière note[2], nous avions déjà identifié la fin de la vague d’accélération. Cependant, une nouvelle vague consécutive de la première pouvait être anticipée. Les données révisées comme la publication des données propres au deuxième trimestre ont fait disparaître cette perspective. L’idée d’une nouvelle vague proche de la première, sans être pour autant concomitante, ne doit pas encore être complètement écartée car il existe encore des séries (en nombre réduit) où cette première vague continue. D’autre part, selon la méthode de la tangente, la quasi-totalité des séries sont entrées dans la vague d’accélération. Mais cette méthode rend très mal compte des différentes vagues. Nous devons donc conclure qu’un sous-cycle a pris fin en 2016 et qu’un autre sous-cycle a débuté. En tout état de cause, si nous appliquons la méthode issue de l’analyse des cycles aux données actuelles, une nouvelle vague d’accélération ne pourrait exister qu’à partir du troisième trimestre 2017 et se poursuivre, pour être confirmée, au quatrième trimestre 2017. La perspective d’une crise ne serait donc ouverte qu’à partir du premier trimestre 2018 (donc un semestre de plus que dans l’analyse précédente).

La fin de cette première vague d’accélération, la plus tardive jamais rencontrée dans l’histoire des cycles, rend d’autant plus difficile la prévision de la crise à venir et scelle la fin de la prévision d’une crise pour 2017 (ce qui était la perspective la plus probable sur la base des données antérieures).

Il nous faut maintenant attendre une nouvelle vague d’accélération. Seule la méthode des moyennes mobiles est susceptible, dans l’état de nos travaux, de la détecter. L’existence d’un cycle à vagues rend d’autant plus lancinante l’autre question que pose la méthode en ce qui concerne la prévision : la disponibilité à temps d’une information stable. D’autre part, le fait que s’éloigne temporairement la crise de surproduction ne doit pas pour autant faire oublier qu’une crise financière reste possible.

Dans le passé, nous avons identifié deux cycles à vagues : le cinquième et le huitième cycles.

Dans les grandes conclusions que nous avons tirées sur ces cycles, figure l’idée qu’il s’agit de cycles de transition vers de nouvelles formes de cycles. Il est encore trop tôt pour de telles conclusions. Par contre, nous devons déjà souligner qu’il s’agit d’un avortement de vague tardif. Pour la première fois, une vague d’accélération s’arrête alors que le cycle compte déjà parmi les plus longs de l’histoire. Dans les cycles qui n’ont qu’une seule vague d’accélération, la crise de surproduction survient à l’issue de cette vague. Les cycles avec plusieurs vagues peuvent être considérés comme des cycles avec autant de sous-cycles et souvent avec une crise intermédiaire laquelle peut d’ailleurs escompter la crise finale du cycle (le huitième cycle est caractéristique de cette situation).

Nous reprendrons dans nos prochains textes l’analyse de ces deux cycles à vagues à partir des données générales révisées.

Tandis que la plupart des organes officiels annoncent des perspectives favorables à l’accumulation du capital mondial, le bulletin d’analyse de conjoncture brésilien Critica da economia[3] qui s’appuie sur le fait que la productivité du travail a baissé en 2016, phénomène qui ne s’était pas reproduit depuis 1981, pense qu’une nouvelle crise doit arriver entre les deux réunions annuelles des banquiers centraux à Jackson hole[4] ; ce qui signifie une crise entre septembre 2017 et fin août 2018[5].

 

 

NOTES –

[1] « Les analyses précédentes et leurs annexes montrent, tout d’abord, qu’il faut être extrêmement prudent dans la manipulation des données fournies par l’administration américaine car, en un instant, à travers une révision des données, la physionomie d’une période peut être changée du tout au tout » (Robin Goodfellow, Le cycle des crises aux Etats-Unis depuis 1929, L’Harmattan, p.55). La note qui suivait illustrait le propos.

[2] [2] http://www.robingoodfellow.info/pagesfr/rubriques/crise_usa_7_Maj1T.htm

[3] http://criticadaeconomia.com.br/

[4] Les banquiers se réunissent au Jackson lake lodge, un hôtel situé dans le parc national du Grand Teton, dans la vallée de Jackson hole (Wyoming). En 1982, pour donner de l’ampleur à son symposium, la réserve fédérale de Kansas city, réussit à appâter Paul Volcker, alors Président de la banque centrale américaine et passionné de pêche à la mouche, en déplaçant son rendez-vous annuel à Jackson hole. Depuis, la réunion est devenue un point de rencontre du gratin des banques centrales internationales.

[5] “O tempo urge. Afinal, esta deve ser a última reunião de Jackson Hole antes da explosão de um inusitado choque global. A gigantesca espaçonave do capital global que decolou há 32 trimestres (cerca de oito anos) não parou de ganhar altitude. É uma das expansões cíclicas mais extensas dos últimos setenta anos. Resta confirmar se seus dias estão contados. » (Produtividade na economia dos EUA registra primeiro declínio anual desde 1981, 21/08/22017)

“Le temps presse. Cette réunion de Jackson Hole doit être la dernière avant l’explosion d’un choc global inédit. Le gigantesque vaiisseau spatial du capital global qui a décollé il y a 32 trimestres (près de huit années) n’a cessé de gagner de l’alttitude. C’est l’une des expansions cycliques les plus étendues des derniers soixante-dix ans. Il reste à confirmer si ses jours sont comptés.”

La situation politique en France après les élections de 2017

EXTRAIT :

 » Venons-en donc à l’analyse de ce que représente, en France, le récent changement de l’équipe au pouvoir. La façon dont se recomposent les différentes fractions et expressions politiques n’est pas indifférente, sans bien sûr accorder crédit aux imbécillités des journalistes qui voient une « révolution » dans l’arrivée au pouvoir de Macron[1] et de des troupes.

Il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’une reconfiguration du paysage politique qu’il importe d’analyser à l’aune de la situation du capitalisme en France, du capitalisme mondial et de la recomposition des rapports de force à l’échelle internationale. »

[1] Reproduisant ainsi l’enflure du discours de celui qui a intitulé son livre, précisément, « Révolution ».

Lire le texte en Pdf : Analyse France 2017-Robin Goodfellow

Crise : 7° mise à jour de la prévision

EXTRAIT.

« En revanche, si une deuxième vague d’accélération se confirme (nous le saurons le trimestre prochain sous réserve de révisions), nous devons décaler la prévision de la crise de quatre trimestres. Nous pouvons encore maintenir un maximum de probabilité pour une crise en 2017-2018. La perspective d’une crise serait dans ce cas ouverte dès le troisième trimestre 2017.

Du point de vue de la durée absolue des vagues d’accélération synthétiques, soit quatre trimestres en moyenne plus ou moins deux trimestres, nous obtenons donc une crise entre le troisième trimestre 2017 et le troisième trimestre 2018. Nous avons établi que la durée relative d’une vague d’accélération représentait de 1/12 à 1/3 de la durée du cycle avec une moyenne de 1/5 (cf. notre mise à jour numéro 3 consacrée à la précision des données). La prévision à partir d’une durée relative est rendue plus complexe du fait de la juxtaposition des deux vagues d’accélération. Si nous réunissons les deux vagues, ce qui serait logique en l’absence d’un sous-cycle, nous ne changeons pas la prévision et donc nous restons globalement dans l’épure 2017-2018. »

crise_usa_7_Maj1T

La critique marxiste de l’aliénation (1)

Avec ce premier texte, nous ouvrons un cycle de publications sur la mystification du capital, qui donnera lieu à l’édition d’un ouvrage. Ce premier texte aborde les définitions que donne Marx de l’aliénation.

En voici la conclusion :

« Toutes ces questions, pour complexes qu’elles soient, sont bien loin de ne constituer qu’une discussion « philosophique », sans répercussions concrètes sur la vie du prolétariat et surtout sur sa lutte. Voici comment le Manifeste du parti communiste de 1848, en des mots simples, dans la partie 2 (« Prolétaires et communistes »), résume tout l’enjeu de l’antagonisme entre capital et travail, antagonisme qui ne peut se résoudre que par l’abolition de la propriété privée : « Mais est-ce que le travail salarié, le travail du prolétaire, crée pour lui de la propriété ? Nullement. Il crée le capital, c’est-à-dire la propriété qui exploite le travail salarié, et qui ne peut s’accroître qu’à la condition de produire encore et encore du travail salarié, afin de l’exploiter de nouveau. Dans sa forme présente, la propriété se meut entre ces deux termes antinomiques ; le Capital et le Travail. Examinons les deux termes de cette antinomie. Etre capitaliste, c’est occuper non seulement une position purement personnelle, mais encore une position sociale dans la production. Le capital est un produit collectif : il ne peut être mis en mouvement que par l’activité en commun de beaucoup d’individus, et même, en dernière analyse, que par l’activité en commun de tous les individus, de toute la société. Le capital n’est donc pas une puissance personnelle ; c’est une puissance sociale. Dès lors, si le capital est transformé en propriété commune appartenant à tous les membres de la société, ce n’est pas une propriété personnelle qui se change en propriété commune. Seul le caractère social de la propriété change. Il perd son caractère de classe. » (Marx, Engels, Le manifeste du parti communiste, Editions sociales, 1983, p.p. 52-53)

On y voit très clairement : que le prolétariat, par son activité qui se renverse en son contraire, nourrit et reconstitue l’être qui l’exploite ; que cet être, personnifié par le capitaliste, est une puissance sociale ; que dans son développement antagonique, le rapport social capitaliste crée les conditions pour une socialisation des moyens de production, pour l’abolition de la propriété privée et pour une société sans classes.

La sortie de l’aliénation est bien une question POLITIQUE : c’est celle de la révolution prolétarienne.

LIRE ET TELECHARGER LE TEXTE : Marxisme_Alienation_1